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NOM

nfs − Format de fstab et options pour les systèmes de fichiers nfs

SYNOPSIS

/etc/fstab

DESCRIPTION

NFS est un protocole standard de l’Internet créé par Sun Microsystem en 1984. NFS a été développé pour permettre le partage de fichiers entre des systèmes connectés à un réseau local. Le client NFS de Linux gère trois versions du protocole : NFS version 2 [RFC1094], NFS version 3 [RFC1813], et NFS version 4 [RFC3530].

La commande mount(8) lie un système de fichiers au point de montage donné dans l’espace de noms hiérarchisé du système. Le fichier /etc/fstab décrit la façon dont mount(8) doit recréer la hiérarchie de l’espace de noms du système de fichiers à partir de systèmes de fichiers indépendants (dont ceux partagés par des serveurs NFS). Chacune des lignes du fichier /etc/fstab décrit un unique système de fichiers, son point de montage, et un ensemble d’options par défaut pour ce point de montage.

Dans le cas des montages de systèmes de fichiers NFS, une ligne dans le fichier /etc/fstab indique le nom du serveur, le chemin du répertoire partagé à monter, le répertoire local qui sera le point de montage, le type de système de fichiers à monter et la liste des options de montage qui indique la façon dont le système de fichiers sera monté et quel sera le comportement du client NFS lorsqu’il accédera aux fichiers du point de montage. Le cinquième et le sixième champs de chaque ligne ne sont pas utilisés par NFS, et par conséquent contiennent par convention la valeur zéro. Par exemple :

0 0

serv:chemin

/pt_montage

type_fs

option,option,...

Le nom du serveur et le chemin de partage sont séparés par un deux points, tandis que les options de montage sont séparées par des virgules. Les champs restants sont séparés par des espaces ou des tabulations.

Le nom du serveur peut être un nom d’hôte non qualifié, un nom de domaine pleinement qualifié (« fully qualified domain name »), une adresse IPv4, ou une adresse IPv6 entourée par des crochets. Les adresses IPv6 de liens locaux ou de sites locaux doivent être accompagnées d’un identifiant d’interface. Référez−vous à ipv6(7) pour des détails quant à l’écriture des adresses IPv6 brutes.

Le champ fstype contient « nfs ». La valeur « nfs4 » est obsolète.

OPTIONS DE MONTAGE

Consultez mount(8) pour la description des options de montage génériques disponibles pour tous les systèmes de fichiers. Si vous n’avez pas besoin d’indiquer d’options de montage particulières, utilisez l’option générique defaults dans /etc/fstab.

Options prises en charge par toutes les versions
Les options suivantes peuvent être utilisées avec n’importe quelle version de NFS.

soft / hard

Définir le comportement de récupération du client NFS lorsqu’une requête NFS ne répond pas (« time out »). Si aucune option n’est indiquée (ou si c’est l’option hard qui a été choisie), les requêtes NFS sont retentées indéfiniment. Si par contre l’option soft a été choisie, le client NFS lèvera un échec après l’envoi de retrans retransmissions, entraînant alors le retour d’une erreur à l’application appelante.

NB : Un délai expiré « soft » peut provoquer dans certains cas des erreurs de données non signalées. C’est pourquoi l’option soft doit être utilisée uniquement si la réactivité du client est plus importante que l’intégrité des données. L’utilisation de NFS avec TCP ou l’augmentation de la valeur de l’option retrans peut diminuer les risques liés à l’utilisation de l’option soft.

timeo=n

Le temps en dixièmes de seconde où le client NFS attend une réponse avant qu’il réessaie une requête NFS.

Pour NFS sur TCP, la valeur timeo est de 600 par défaut (60 secondes). Le client NFS effectue une progression linéaire : après chaque retransmission la temporisation est augmentée de timeo jusqu’au maximum de 600 secondes.

Cependant, dans le cas de NFS sur UDP, le client utilise un algorithme évolutif pour estimer la valeur appropriée de dépassement de temps (« timeout ») pour les types de requêtes fréquemment utilisées (les requêtes READ et WRITE par exemple), mais utilise le réglage timeo pour les requêtes moins courantes (comme FSINFO). Si l’option timeo n’est pas définie, les types de requêtes moins courantes sont ré−émises après 1,1 secondes. Après chaque ré−émission, le client NFS double la valeur de dépassement de temps pour cette requête, jusqu’à atteindre un maximum de 60 secondes.

retrans=n

Nombre de tentatives de ré−émission de la requête avant que le client NFS n’enclenche une action de récupération. Si l’option retrans n’est pas définie, le client NFS essaye chaque requête trois fois.

Le client NFS génère un message « le serveur ne répond pas » après retrans tentatives, puis enclenche la récupération (qui dépend de l’activation de l’option hard de mount).

rsize=n

Nombre maximal d’octets pour chaque requête réseau en LECTURE que peut recevoir le client NFS lorsqu’il lit les données d’un fichier sur le serveur NFS. La taille réelle de la charge utile de données pour chaque requête NFS en LECTURE est plus petite ou égale au réglage rsize. La plus grande charge utile gérée par le client NFS Linux est de 1 048 576 octets (un méga−octet).

La valeur de rsize est un entier positif multiple de 1024. Les valeurs de rsize inférieures à 1024 sont remplacées par 4096, et celles supérieures à 1 048 576 sont remplacées par 1 048 576. Si la valeur indiquée est bien dans la plage gérée, mais qu’elle n’est pas un multiple de 1024, elle sera arrondie au multiple de 1024 inférieur le plus proche.

Si la valeur de rsize n’est pas définie, ou si la valeur de rsize dépasse le maximum qu’à la fois le client et le serveur peuvent gérer, le client et le serveur négocient la plus grande valeur de rsize qu’ils peuvent gérer ensemble.

L’option rsize de mount telle qu’elle a été définie sur la ligne de commande lors du mount(8) apparaît dans le fichier /etc/mtab. D’autre part, la valeur réelle de rsize négociée entre le client et le serveur est indiquée dans le fichier /proc/mounts.

wsize=n

Nombre maximal d’octets par requête d’ÉCRITURE réseau que le client NFS peut envoyer quand il écrit des données dans un fichier sur un serveur NFS. La taille réelle de la charge utile de données pour chaque requête NFS en ÉCRITURE est plus petite ou égale au réglage wsize. La plus grande charge utile gérée par le client NFS Linux est de 1 048 576 octets (un méga−octet).

Comme pour rsize, la valeur de wsize est un entier positif multiple de 1024. Les valeurs de wsize inférieures à 1024 sont remplacées par 4096, et celles supérieures à 1 048 576 par 1 048 576. Si la valeur définie est bien dans l’étendue valide mais qu’elle n’est pas multiple de 1024, elle est arrondie au multiple de 1024 inférieur le plus proche.

Si la valeur de wsize n’est pas définie, ou si la valeur wsize indiquée est supérieure au maximum que soit le client soit le serveur peut gérer, le client et le serveur négocient la plus grande valeur de wsize qu’ils peuvent tous les deux gérer.

L’option wsize de mount telle qu’elle a été indiquée sur la ligne de commande du mount(8) apparaît dans le fichier /etc/mtab. D’autre part, la valeur réelle de wsize négociée par le client et le serveur est indiquée dans le fichier /proc/mounts.

ac / noac

Définir si le client peut mémoriser (cache) les attributs des fichiers. Si aucune option n’est indiquée (ou si c’est ac qui est choisi), le client mémorise les attributs des fichiers.

Afin d’améliorer les performances, les clients NFS mémorisent (mettent en cache) les attributs des fichiers. Toutes les quelques secondes, un client NFS vérifie les attributs de chaque fichier de la version du serveur afin de se mettre à jour. Les modifications qui interviennent pendant ces petits intervalles restent inaperçues tant que le client n’a pas relancé sa vérification sur le serveur. L’option noac empêche la mémorisation des attributs de fichiers par le client, ce qui permet aux applications de détecter plus rapidement les modifications des fichiers sur le serveur.

En plus d’empêcher le client de mémoriser les attributs des fichiers, l’option noac force l’écriture synchronisée pour les applications afin que les modifications sur un fichier soient immédiatement visibles sur le serveur. De cette façon, les autres clients peuvent rapidement détecter les nouvelles écritures lors de la vérification des attributs du fichier.

L’usage de l’option noac offre une plus grande cohérence du cache aux clients NFS qui accèdent aux mêmes fichiers, mais au prix d’une pénalisation significative des performances. C’est pour cette raison qu’une utilisation judicieuse des verrouillages (« locking ») de fichiers est préférable. La section COHÉRENCE DES DONNÉES ET DES MÉTADONNÉES contient une présentation détaillée de ces approches.

acregmin=n

Durée minimale (en seconde) de mémorisation (cache) des attributs d’un fichier normal avant leur actualisation depuis le serveur. La valeur par défaut est de 3 secondes, si cette option n’est pas définie.

acregmax=n

Durée maximale (en seconde) de mémorisation (cache) des attributs d’un fichier normal avant leur actualisation depuis le serveur. La valeur par défaut est de 60 secondes, si cette option n’est pas définie.

acdirmin=n

Durée minimale (en seconde) de mémorisation (cache) des attributs d’un répertoire avant leur actualisation depuis le serveur. La valeur par défaut est de 30 secondes, si cette option n’est pas définie.

acdirmax=n

Durée maximale (en seconde) de mémorisation (cache) des attributs d’un répertoire avant leur actualisation depuis le serveur. La valeur par défaut est de 60 secondes, si cette option n’est pas définie.

actimeo=n

L’utilisation de actimeo configure toutes les durées acregmin, acregmax, acdirmin et bacdirmax à la même valeur. Si cette option n’est pas définie, le client utilisera les valeurs par défaut de chacune des options, telles que décrites ci−dessus.

bg / fg

Déterminer le comportement de la commande mount(8) dans le cas d’un échec d’une tentative de montage d’un partage. L’option fg entraîne l’arrêt de mount(8) avec un statut d’erreur si la moindre partie de la requête de montage dépasse le temps alloué ou échoue d’une quelconque autre manière. C’est ce que l’on appelle le montage en « premier plan (foreground) », et c’est le comportement par défaut si ni fg ni bg n’est indiqué.

Si l’option bg est indiquée, un dépassement du temps alloué (timeout) ou un échec entraînera la création d’un fils (fork) qui continuera à essayer de monter le partage. Le père s’interrompt immédiatement en renvoyant un code de sortie à zéro. C’est ce que l’on appelle le montage en « arrière−plan (background) ».

Si le répertoire servant de point de montage local n’existe pas, la commande mount(8) se comporte comme si la requête était restée sans réponse (timeout). Cela permet aux montages NFS imbriqués définis dans /etc/fstab de s’exécuter dans n’importe quel ordre lors de l’initialisation du système, même si certains serveurs NFS ne sont pas encore disponibles. On peut aussi gérer ces problèmes grâce à un auto−monteur (consultez automount(8) pour plus de détails).

rdirplus / nordirplus

Indiquer s’il faut utiliser les requêtes READDIRPLUS de NFS version 3 ou 4. Si cette option n’est pas définie, le client NFS utilisera les requêtes READDIRPLUS sur les montages en NFS version 3 ou 4 pour la lecture des petits répertoires. Certaines applications sont plus efficaces si le client n’utilise que des requêtes READDIR pour tous les répertoires.

retry=n

Durée, en minute, pendant laquelle le montage NFS sera tenté par la commande mount(8), en arrière−plan ou au premier plan, avant d’abandonner. Si l’option n’est pas définie, la valeur par défaut pour le premier plan est de 2 minutes, et celle pour l’arrière−plan est 10 000 minutes, soit environ une semaine, à 80 minutes près. La commande mount(8) s’arrêtera dès le premier échec si on lui passe la valeur 0.

sec=type

Le type de sécurité à utiliser pour accéder aux fichiers de ce point de montage. Si le serveur ne prend pas en charge ce type, l’opération de montage échoue. Si l’option sec= n’est pas indiquée, le client essaie de trouver un type de sécurité pris en charge à la fois par le client et le serveur. Les types de sécurité pris en charge sont none, sys, krb5, krb5i et krb5p. Consultez la section CONSIDÉRATIONS DE SÉCURITÉ.

sharecache / nosharecache

Déterminer comment le client partage ses caches de données et d’attributs de fichiers lorsqu’un même partage est monté plus d’une fois en même temps. L’utilisation d’un seul cache réduit les besoins en mémoire sur le client et présente aux applications un contenu identique lorsque l’on accède au même fichier partagé par différents points de montage.

Si aucune des options n’est indiquée, ou si l’option sharecache est demandée, un seul cache est utilisé pour tous les points de montage qui accèdent au même partage. Si l’option nosharecache est indiquée, ce point de montage utilise son propre cache. Notez que lorsque les caches des données et des attributs sont partagés, les options de montage du premier point de montage s’appliquent pour les futurs montages de ce même partage, tant que celui−ci est monté.

En ce qui concerne le noyau 2.6.18, le comportement défini par nosharecache est le comportement traditionnel normal. Ceci est considéré comme dangereux pour les données puisque de multiples copies mémorisées du même fichier sur le même client peuvent se désynchroniser suite à une mise à jour locale d’une des copies.

resvport / noresvport

Indiquer si le client NFS doit utiliser un port source privilégié quand il communique avec un serveur NFS pour ce point de montage. Si cette option n’est pas précisée, ou si l’option resvport est précisée, le client NFS utilise un port source privilégié. Si l’option noresvport est activée, le client NFS utilise un port source non privilégié. Cette option est permise par les noyaux 2.6.28 et suivants.

Utiliser un port source non privilégié permet d’augmenter le nombre maximal de points de montage permis par client, mais les serveurs NFS doivent être configurés pour permettre la connexion de clients par des ports source non privilégiés.

Veuillez consulter la section CONSIDÉRATIONS DE SÉCURITÉ pour d’importantes précisions.

lookupcache=mode

Préciser comment le noyau s’occupe du cache des entrées de répertoire pour un point de montage donné. mode peut être all, none, pos ou positive. Cette option est prise en charge par les noyaux 2.6.28 et suivants.

Le client NFS Linux garde en cache tous les résultats des requêtes NFS LOOKUP. Si le répertoire indiqué existe sur le serveur, le résultat renvoyé est positif (« positive »), sinon c’est négatif (« negative »).

Si cette option n’est pas précisée, ou si all est précisé, le client suppose que les deux types d’entrées (positif ou négatif) du cache de répertoire sont valables jusqu’à ce que le cache de leur répertoire parent expire.

Si pos ou positive est précisé, le client suppose que les entrées positives sont valables jusqu’à ce que le cache de leur répertoire parent expire, mais valide les entrées négatives avant qu’une application les utilise.

Si none est précisé, le client valide à nouveau les deux types d’entrées de cache de répertoire avant qu’une application puisse les utiliser. Cela permet une détection rapide des fichiers qui ont été créés ou supprimés par d’autres clients, mais peut avoir des répercussions sur ces applications et les performances du serveur.

La partie COHÉRENCE DES DONNÉES ET DES MÉTADONNÉES contient un propos détaillé sur ces échanges.

fsc / nofsc

Activer ou désactiver le cache des pages de données (en lecture seule) du disque local en utilisant l’outil FS−Cache. Consultez cachefilesd(8) et Documentation/filesystems/caching dans le code source du noyau pour plus de détails sur la configuration de l’outil FS−Cache. La valeur par défaut est nofsc.

Options pour les versions NFS 2 et 3 uniquement
Utilisez ces options ainsi que les options de la sous−section précédente uniquement pour les systèmes de fichiers de type NFS version 2 et 3.

proto=idreseau

L’identifiant réseau idreseau détermine le transport utilisé pour communiquer avec le serveur NFS. Les options possibles sont udp, udp6, tcp, tcp6 et rdma. Les valeurs qui se terminent par 6 utilisent des adresses IPv6 et ne sont disponibles que si la prise en charge de TI−RPC est intégrée. Les autres utilisent des adresses IPv4.

Chaque protocole de transport utilise différents réglages de retransmission et de timeo. Merci de vous référer à la description de ces deux options de montage

En plus de contrôler la façon dont le client NFS transmet les requêtes au serveur, cette option de mount gère aussi la façon dont la commande mount(8) communique avec les services rpcbind et mountd du serveur. Indiquer un id réseau qui utilise TCP entraîne l’utilisation de TCP par tout le trafic passant par la commande mount(8) ou le client NFS. Réciproquement, indiquer UDP entraîne l’utilisation d’UDP par tout le trafic.

avant d’utiliser NFS sur UDP, consultez la section MÉTHODES DE TRANSPORT.

Si l’option proto de mount n’est pas définie, la commande mount(8) découvrira quels protocoles sont acceptés par le serveur et choisira un transport approprié pour chacun des services. Consultez la section MÉTHODES DE TRANSPORT pour plus de détails.

udp

L’option udp est une variante pour proto=udp, compatible avec d’autres systèmes d’exploitation.

avant d’utiliser NFS sur UDP, consultez la section MÉTHODES DE TRANSPORT.

tcp

L’option tcp est une variante pour proto=tcp, compatible avec d’autres systèmes d’exploitation.

rdma

L’option rdma est une variante pour proto=rdma.

port=n

Valeur numérique du port du service NFS sur le serveur. Si le service NFS du serveur n’est pas accessible sur le port indiqué, la requête de montage échoue.

Si cette option n’est pas définie, ou si le port indiqué est 0, le client NFS utilise le numéro du port du service NFS publié par le service rpcbind du serveur. La requête de montage échoue si le service rpcbind du serveur n’est pas accessible, si le service NFS du serveur n’est pas enregistré dans son service rpcbind, ou si le service NFS du serveur n’est pas accessible sur le port publié.

mountport=n

Valeur numérique du port de mountd sur le serveur. Si le service mountd du serveur n’est pas présent sur le port indiqué, la requête de montage échoue.

Si cette option n’est pas définie, ou si le port indiqué est 0, la commande mount(8) utilise le numéro du port du service mountd publié par le service rpcbind du serveur. La requête de montage échoue si le service rpcbind du serveur n’est pas accessible, si le service mountd du serveur n’est pas enregistré dans son service rpcbind, ou si le service mountd du serveur n’est pas accessible sur le port publié.

Cette option peut être utilisée pour les montages sur un serveur NFS à travers un pare−feu qui bloque le protocole rpcbind.

mountproto=idreseau

Le transport utilisé par le client NFS pour transmettre ses requêtes au service mountd d’un serveur NFS quand il lance cette requête de montage, puis quand il démontera ensuite ce montage.

idreseau peut valoir udp ou tcp qui utilisent des adresses IPv4, ou bien, si TI−RPC est intégré dans la commande mount.nfs, udp6 ou tcp6, qui utilisent des adresses IPv6.

Cette option peut être utilisée pour monter un serveur NFS à travers un pare−feu qui bloque des transferts spécifiques. Utilisé avec l’option proto, différents modes de transfert peuvent être choisis pour les requêtes vers mountd et NFS. Si le serveur ne propose pas de service pour le mode indiqué, la requête de montage échoue.

Veuillez consulter la section MÉTHODES DE TRANSPORT pour plus de renseignements sur la manière dont l’option de montage mountproto interagit avec l’option proto.

mounthost=nom

Le nom d’hôte de la machine qui exécute le mountd. Si cette option n’est pas définie, la commande mount(8) considère que le service mountd est assuré par la machine qui offre le service NFS.

mountvers=n

Numéro de version des RPC utilisé pour contacter le mountd du serveur. Si cette option n’est pas définie, le client utilise un numéro de version approprié à la version du NFS contacté. Cette option est utile quand de nombreux services NFS sont offerts par un seul et même serveur.

namlen=n

La taille maximale d’un composant du nom de chemin de ce montage. Si cette option n’est pas définie, la taille maximale est négociée avec le serveur. Dans la plupart des cas, cette taille maximale est 255 caractères.

Des versions précédentes de NFS ne gèrent pas cette négociation. L’utilisation de cette option garantit que pathconf(3) donnera bien la longueur maximale aux applications pour ces versions.

nfsvers=n

Le numéro de version du protocole NFS utilisé pour contacter le service NFS du serveur. Si le serveur ne gère pas la version demandée, la requête de montage échoue. Si cette option n’est pas définie, le client tente de trouver une version adaptée au serveur, en tentant successivement les versions 4, 3 puis 2.

vers=n

Cette option est une variante pour l’option nfsvers, compatible avec d’autres systèmes d’exploitation.

lock / nolock

Indiquer s’il faut utiliser le protocole auxiliaire NLM pour verrouiller les fichiers sur le serveur. Si aucune option n’est indiquée (ou si c’est lock qui est choisi), le verrouillage NLM est activé pour ce point de montage. Si on utilise l’option nolock, les applications peuvent verrouiller les fichiers, mais ces verrous n’ont de portée que pour les applications qui tournent sur ce même client. Les applications distantes ne sont pas informées de ces verrous.

Le verrouillage NLM doit être désactivé lors de l’utilisation de l’option nolock si /var est monté à l’aide de NFS, parce que /var contient des fichiers utilisés par l’implémentation de NLM sous Linux. L’usage de nolock est aussi requis lors des montages de partages de serveurs NFS ne gérant pas le protocole NLM.

intr / nointr

Indiquer si les signaux peuvent interrompre les opérations sur le fichier pour ce point de montage. Si aucune option n’est indiquée (ou si nointr est choisi), les signaux n’interrompent pas les opérations NFS sur les fichiers. Si intr est indiqué, les appels systèmes renvoient EINTR si une opération NFS en cours est interrompue par un signal.

L’utilisation de l’option intr est préférable à celle de l’option soft car le risque de corruption des données est moins important.

Les options de montage intr/ nointr sont obsolètes pour des noyaux ultérieurs au 2.6.25. Seul un signal de terminaison SIGKILL peut interrompre une opération NFS en cours sur ces noyaux, et, si précisée, cette option est ignorée pour assurer une compatibilité ascendante sur des anciens noyaux.

cto / nocto

Indiquer s’il faut utiliser la sémantique de cohérence de cache close−to−open. Si aucune option n’est indiquée (ou si c’est cto qui est choisi), le client utilise la sémantique de cohérence de cache close−to−open. Si c’est l’option nocto qui est choisie, le client utilise une heuristique non standard pour savoir quand les fichiers ont changé sur le serveur.

L’utilisation de l’option nocto peut améliorer les performances des montages en lecture seule, mais devrait être limitée au cas où les données sur le serveur ne changent qu’occasionnellement. La section COHÉRENCE DES DONNÉES ET DES MÉTADONNÉES expose le comportement de cette option en détails.

acl / noacl

Indiquer s’il faut utiliser le protocole auxiliaire NFSACL sur ce point de montage. Le protocole auxiliaire NFSACL est un protocole propriétaire mis en œuvre dans Solaris et qui gère les listes de contrôle d’accès (les ACLs). NSFACL n’est jamais devenu un élément standard de la spécification du protocole NFS.

Si ni acl ni noacl ne sont précisées, le client NFS négocie avec le serveur afin de savoir si le protocole NFSACL est actif, et l’utilise dans ce cas. La désactivation du protocole auxiliaire NFSACL est parfois rendue nécessaire quand la négociation pose des problèmes sur le client ou sur le serveur. Consultez la section CONSIDÉRATIONS DE SÉCURITÉ pour plus de détails.

local_lock=mécanisme

Précise si le verrouillage local doit être utilisé pour les mécanismes flock, POSIX, ou les deux. mechanism peut être all, flock, posix, or none. Cette option est prise en charge par les noyaux 2.6.37 et suivants.

Le client Linux NFS fournit un moyen de poser des verrous locaux. Les applications peuvent donc verrouiller des fichiers, mais ces verrous n’ont de portée que pour les applications qui tournent sur ce même client. Les applications distantes ne sont pas informées de ces verrous.

Si cette option n’est pas précisée, ou si none est précisé, le client suppose que les verrous ne sont pas locaux.

Si all est spécifié, le client suppose que les deux types de verrous flock et POSIX sont locaux.

Si flock est spécifié, le client suppose que seuls les verrous flock sont locaux, et utilise le protocole NLM associé pour verrouiller les fichiers quand les verrous POSIX sont utilisés.

Si posix est spécifié, le client suppose que les verrous POSIX sont locaux, et utilise le protocole NLM associé pour verrouiller les fichiers quand les verrous flock sont utilisés.

Pour supporter le comportement flock de façon semblable à celui des clients NFS < 2.6.12, utiliser ’local_lock= flock’. Cette option est requise lors de l’exportation des montages NFS à l’aide de Samba comme des cartes Windows Samba partagé en mode verrouillé flock. Puisque les clients NFS > 2.6.12 utilise flock en émulant les verrous POSIX, il y aura un conflit de verrous.

NOTE : Quand elles sont utilisées ensemble, l’option de montage ’local_lock’ sera écrasée par l’option de montage ’nolock’/’lock’.

Options pour NFS version 4 uniquement
Utilisez ces options ainsi que les options de la première sous−section ci−dessus pour les systèmes de fichiers de type NFS version 4 et plus récents.

proto=idreseau

L’identifiant réseau idreseau détermine le transport utilisé pour communiquer avec le serveur NFS. Les options possibles sont tcp, tcp6 et rdma. L’option tcp6 utilise des adresses IPv6 et n’est disponible que si la prise en charge de TI−RPC est intégrée. Les deux autres utilisent des adresses IPv4.

Les serveurs NFS version 4 doivent prendre en charge TCP, donc si cette option n’est pas précisée, le client NFS utilise le protocole TCP. Veuillez vous référer à la section MÉTHODES DE TRANSPORT pour plus de détails.

port=n

Valeur numérique du port du service NFS sur le serveur. Si le service NFS du serveur n’est pas accessible sur le port indiqué, la requête de montage échoue.

Si cette option de montage n’est pas définie, le client NFS utilisera le numéro de port standard de NFS (2049) sans vérifier de prime abord le service rpcbind du serveur. Cette option permet à un client NFS version 4 de contacter un serveur NFS version 4 à travers un pare−feu qui bloquerait les requêtes rpcbind.

Si la valeur du port indiquée est 0, le client NFS utilisera le numéro de port du service NFS publié par le service rpcbind du serveur. La requête de montage échouera si le service rpcbind du serveur n’est pas disponible, si le service NFS du serveur n’est pas enregistré dans son service rpcbind, ou si le service NFS du serveur n’est pas accessible sur le port publié.

intr / nointr

Indiquer si les signaux peuvent interrompre les opérations sur les fichiers pour ce point de montage. Si aucune option n’est indiquée (ou si intr est choisi), les appels systèmes renvoient EINTR si une opération NFS en cours est interrompue par un signal. Si nointr est indiqué, les signaux n’interrompent pas les opérations NFS.

L’utilisation de l’option intr est préférable à celle de l’option soft car le risque de corruption des données est moins important.

Les options de montage intr/ nointr sont obsolètes pour des noyaux ultérieurs au 2.6.25. Seul un signal de terminaison SIGKILL peut interrompre une opération NFS en cours sur ces noyaux, et, si précisée, cette option est ignorée pour assurer une compatibilité ascendante sur des anciens noyaux.

cto / nocto

Indiquer s’il faut utiliser la sémantique de cohérence du cache close−to−open pour les répertoires NFS de ce point de montage. Si ni cto ni nocto ne sont indiquées, la sémantique de cohérence du cache close−to−open sera utilisée par défaut pour les répertoires.

La politique de mise en cache des données des fichiers n’est pas concernée par cette option. La section COHÉRENCE DES DONNÉES ET DES MÉTADONNÉES décrit le comportement de cette option en détails.

clientaddr=n.n.n.n
clientaddr=
n:n:...:n

Indiquer une seule adresse IPv4 en quatre parties séparées par des points, ou une adresse IPv6 qui n’est pas un lien local. Le client NFS signalera alors que les serveurs peuvent envoyer des requêtes NFSv4 de rappel sur les fichiers de ce point de montage. Si le serveur ne peut pas établir de connexion de rappel (« callback ») sur ces clients, les performances peuvent être dégradées ou les accès à ces fichiers temporairement suspendus.

Si cette option n’est pas indiquée, la commande mount(8) essaie de découvrir automatiquement une adresse de rappel (« callback ») appropriée. La procédure de découverte automatique n’est cependant pas parfaite. Dans le cas d’interfaces réseau multiples, de directives de routages spéciales ou de typologie réseau atypique, l’adresse exacte à utiliser pour les rappels peut ne pas être triviale à déterminer.

SYSTÈME DE FICHIERS DE TYPE nfs4

Le type nfs4 de système de fichiers est une ancienne syntaxe précisant l’utilisation de NFSv4. Il peut toujours être utilisé avec toutes les options spécifiques à NFSv4, à l’exception de l’option de montage nfsvers

FICHIER DE CONFIGURATION DU MONTAGE

Si la commande de montage est configurée pour, toutes les options de montage décrites dans la section précédente peuvent être configurées dans le fichier /etc/nfsmount.conf. Référez−vous à nfsmount.conf(5) pour plus de détails.

EXEMPLES

Pour réaliser le montage d’un partage en NFS version 2, il faut préciser que le type du système de fichiers est nfs et indiquer l’option de montage nfsvers=2. Pour réaliser un montage en NFS version 3, il faut préciser que le type du système de fichiers est nfs et indiquer l’option de montage nfsvers=3. Pour réaliser un montage en NFS version 4, il faut préciser que le type du système de fichiers est nfs, avec l’option de montage nfsver=4, ou demander le système de fichiers nfs4.

L’exemple de fichier /etc/fstab qui suit permet à la commande mount de négocier des valeurs par défaut convenables pour le comportement NFS.

serveur:/export /mnt nfs defaults 0 0

Voici un exemple de ligne du fichier /etc/fstab concernant un montage NFS version 2 en UDP.

serveur:/export /mnt nfs nfsvers=2,proto=udp 0 0

Essayez cet exemple afin de réaliser un montage NFS version 4 en TCP, utilisant l’authentification réciproque de Kerberos 5.

serveur:/export /mnt nfs4 sec=krb5 0 0

Cet exemple peut servir à réaliser le montage de /usr grâce à NFS.

serveur:/export /usr nfs ro,nolock,nocto,actimeo=3600 0 0

Cet exemple montre comment utiliser une adresse brute non locale IPv6.

[fe80::215:c5ff:fb3e:e2b1%eth0]:/export /mnt nfs defaults 0 0

MÉTHODES DE TRANSPORT.

Les clients NFS envoient leurs requêtes aux serveurs NFS grâce aux appels de procédures distantes (« Remote Procedure Calls »), les RPCs. Le client RPC découvre automatiquement les entrées du service distant, gère l’authentification requête par requête, ajuste les paramètres des requêtes afin de gérer l’ordre des octets sur le client et le serveur (« endianess »), et se charge de la retransmission des requêtes qui pourraient s’être perdues dans le réseau ou sur le serveur. Les requêtes et les réponses RPC circulent sur un protocole de transport réseau.

Dans la plupart des cas, la commande mount(8), le client NFS et le serveur NFS peuvent négocier automatiquement les valeurs adéquates de taille pour les transferts de données et de transport pour un point de montage. Cependant, dans certains cas, il peut être efficace d’indiquer explicitement ces valeurs grâce aux options de montage.

Anciennement, les clients NFS se servaient uniquement du transport UDP pour transmettre des requêtes aux serveurs. Bien que son implémentation soit simple, NFS sur UDP a de nombreuses limitations qui l’empêchent d’obtenir de bonnes performances et un fonctionnement fluide dans certains environnements de déploiement courants. Un taux de paquets perdus même insignifiant entraîne la perte de requêtes NFS complètes. On règle alors généralement le délai de dépassement (« timeout ») à une valeur inférieure à la seconde afin que les clients puissent récupérer rapidement en cas de requêtes rejetées. Cela peut entraîner une surcharge du trafic réseau et du serveur.

Cependant, UDP peut être assez efficace grâce à des réglages spécifiques lorsque le MTU du réseau dépasse la taille de transfert de données de NFS (par exemple dans les environnements réseau qui utilisent les trames Ethernet Jumbo). Dans ces cas, il est judicieux d’adapter les réglages rsize et wsize de façon à ce que chaque requête de lecture ou d’écriture NFS soit contenue dans quelques trames du réseau (voire même dans une seule trame). Cela réduit la probabilité qu’une perte d’une simple trame réseau de la taille de la MTU entraîne la perte complète d’un grande requête en lecture ou écriture.

TCP est le protocole de transport utilisé par défaut dans toutes les implémentations modernes de NFS. Il est efficace dans pratiquement tous les environnements réseau concevables et offre d’excellentes garanties contre la corruption de données que pourrait entraîner un incident réseau. TCP est souvent requis pour accéder à un serveur à travers un pare−feu.

Dans des conditions normales, les réseaux rejettent des paquets bien plus souvent que les serveurs NFS ne rejettent de requêtes. C’est pourquoi un réglage agressif de délai de dépassement (« time−out ») de retransmission pour NFS sur TCP est inutile. Les réglages habituels de délai de dépassement pour NFS sur TCP varient entre une et dix minutes. Après qu’un client a terminé ses retransmissions (la valeur de l’option retrans de mount), il considère que le réseau a subi une panne et tente de se reconnecter au serveur grâce à une nouvelle interface de connexion (« socket »). Puisque TCP fiabilise le transport de données sur le réseau, rsize et wsize peuvent en toute sécurité permettre par défaut la plus grande valeur gérée à la fois par le client et par le serveur, indépendamment de la taille du MTU du réseau.

Utilisation de l’option de montage mountproto
Cette section s’applique uniquement aux versions 2 et 3 du protocole mount car NFS 4 n’utilise pas un protocole de montage séparé.

Le client Linux peut utiliser différents modes de transfert pour contacter le service rpcbind d’un serveur, son service mountd, son gestionnaire de verrou réseau (NLM) et son service NFS. Le mode de transport utilisé par le client NFS de Linux pour chaque point de montage dépend des options passées à mount, qui incluent proto, mountproto udp et tcp.

Le client envoie des notifications au gestionnaire réseau de statut (NSM : « network status manager ») à l’aide d’UDP, quel que soit le mode de transfert précisé. Il écoute cependant les notifications NSM du serveur à la fois sur UDP et TCP. Le protocole gérant la liste de contrôle d’accès à NFS (NFACL : « nfs access control list ») utilise le même mode de transfert que le service NFS principal.

Si aucune option n’est précisée quant au mode de transfert, le client NFS Linux utilise UDP pour contacter le service mountd du server, et TCP pour contacter ses services NLM et NFS par défaut.

Si le serveur ne gère pas ces modes de transfert pour ces services, la commande mount(8) essaye de trouver quel mode est pris en charge par le serveur, et essaye une fois de se reconnecter avec ce mode. Si le serveur ne propose aucun mode géré par le client ou est mal configuré, la requête de montage échoue. Si l’option bg a été passée, la commande mount passe en arrière−plan et continue d’essayer la requête de montage demandée.

Quand l’une des options proto, udp ou tcp est passée mais que mountproto ne l’est pas, le mode de transfert demandé est utilisé à la fois pour contacter le service mountd du serveur et ses services NLM et NFS.

Si l’option mountproto est passée mais que ni proto, ni udp et ni tcp n’est passée alors le mode demandé est utilisé pour la requête mount initiale, mais la commande mount essaye de découvrir quel mode de transfert est pris en charge pour le protocole NFS, et préférera TCP si les deux modes sont implémentés.

Si mountproto et proto (ou udp ou tcp) sont passés en même temps, le mode de transport indiqué à l’option mountproto est utilisé pour la requête initiale de mountd, et le mode indiqué à proto (ou udp ou tcp) est utilisé pour NFS, quel que soit l’ordre de ces options. Le programme ne cherchera pas à trouver les services si ces options sont données.

Si l’une des options proto, udp, tcp ou mountproto est passée plus d’une fois dans une même commande, alors la valeur retenue sera celle la plus à droite.

Utiliser NFS sur UDP sur des connexions haut débit
Utiliser NFS sur UDP avec des connexions haut débit comme Gigabit peut causer des corruptions de données silencieuses.

Le problème peut être déclenché lors de fortes charges, et est causé par des difficultés dans le réassemblage de fragments IP. Les lectures et écritures par NFS transmettent typiquement des paquets UDP de 4 kilooctets ou plus, qui doivent être cassés en plusieurs fragments pour être envoyés sur le lien Ethernet, pour lequel la taille des paquets est limitée à 1500 octets par défaut. Ce processus a lieu au niveau de la couche réseau IP et est appelé fragmentation.

Afin d’identifier les fragments qui proviennent du même paquet, IP attribue un identifiant IP (IP ID) sur 16 bits à chaque paquet. Les fragments générés à partir du même paquet UPD auront le même identifiant IP. Le système destinataire récupère ces fragments et les combine pour reformer les paquets UPD originaux. Ce processus est appelé réassemblage. Le délai d’expiration par défaut pour le réassemblage de paquets est de 30 secondes. Si la pile réseau ne reçoit pas tous les fragments d’un paquet donné pendant cet intervalle de temps, elle suppose que les fragments manquants se sont perdus et rejette ceux qui ont déjà été reçus.

Le problème que cela crée sur des connexions à haut débit est dû au fait qu’il est possible d’envoyer plus de 655356 paquets en 30 secondes. En fait, avec un trafic dense NFS, les identifiants IP se répètent au bout d’environ 5 secondes.

Cela a de sérieux effets sur le réassemblage : si un fragment se perd, un autre fragment d’un paquet différent mais avec le même identifiant IP arrivera avant l’expiration au bout de 30 secondes, et la pile réseau combinera ces fragments pour former un nouveau paquet. La plupart du temps, les couches réseau au−dessus d’IP détecteront ce réassemblage non assorti — dans le cas d’UPD, la somme de contrôle UDP sur 16 bits sur la charge utile du paquet ne correspondra pas, et UDP rejettera le mauvais paquet.

Cependant, comme la somme de contrôle UDP est sur uniquement 16 bits, il y a une chance sur 655356 qu’elle coïncide même si la charge utile du paquet est complètement aléatoire (ce qui très souvent n’est pas vrai). Si tel est le cas, une corruption de données silencieuse se sera produite.

Cette possibilité doit être prise au sérieux, au moins sur Ethernet Gigabit. Les débits réseau de 100 Mbit/s devraient être considérés comme moins problématiques, car dans la plupart des situations, l’épuisement des identifiants IP prendra bien plus que 30 secondes.

Il est donc fortement recommandé d’utiliser NFS sur TCP là où c’est possible, car TCP n’effectue pas de fragmentation.

Si vous devez absolument utiliser NFS sur UDP sur un réseau Gigabit Ethernet, quelques actions peuvent être effectuées pour limiter le problème et réduire la probabilité de corruption :

trames Jumbo :

Beaucoup de cartes réseau Gigabit sont capables de transmettre des trames plus grandes que la limite traditionnelle sur Ethernet de 1500 octets (typiquement 9000 octets). Utiliser ces grandes trames (Jumbo) vous permettra de faire fonctionner NFS sur UDP avec une taille de page de 8 ko sans fragmentation. Bien sûr, cela n’est possible que si toutes les stations impliquées gèrent les trames Jumbo.

Pour activer l’envoi de trames Jumbo sur une machine avec une carte réseau qui les gère, il suffit de configurer l’interface avec une valeur MTU de 9000.

diminution du délai avant expiration de réassemblage :

Le réassemblage incorrect de fragments peut être aussi évité en diminuant ce délai sous le temps nécessaire à la réinitialisation des identifiants IP. Pour ce faire, écrivez simplement la nouvelle valeur du délai (en seconde) dans le fichier /proc/sys/net/ipv4/ipfrag_time.

Une valeur de 2 secondes diminuera fortement la probabilité d’une collision d’identifiants IP sur un seul lien Gigabit, tout en permettant un délai d’expiration raisonnable lors de la réception d’un trafic fragmenté depuis des serveurs distants.

COHÉRENCE DES DONNÉES ET DES MÉTADONNÉES

Certains systèmes de fichiers en grappes (cluster) récents offrent une cohérence absolue du cache à leurs clients. La cohérence parfaite de cache aux clients NFS « disparates » est difficile à obtenir, surtout sur les réseaux de grandes tailles (WAN). Dans ce cas, NFS est réglé pour la plus faible cohérence de cache qui satisfait les contraintes de la plupart des types de partage de fichiers. Habituellement, le partage de fichiers est totalement séquentiel : le premier client A ouvre un fichier, écrit quelque chose dedans, puis le ferme. Ensuite, un client B ouvre ce même fichier, puis lit les modifications.

Cohérence de cache « close−to−open »
Quand une application ouvre un fichier stocké sur un serveur NFS, le client NFS vérifie qu’il existe toujours sur le serveur et que l’utilisateur qui ouvre ce fichier en a bien le droit, grâce à des requêtes GETATTR ou ACCESS. Quand l’application ferme le fichier, le client NFS écrit toutes les modifications en attente afin que le prochain à ouvrir ce fichier puisse en voir les changements. Cela donne l’opportunité au client NFS de prévenir l’application de toute erreur en écriture sur le serveur grâce au code de retour de close(2). Ce système de vérification à l’ouverture et de purge à la fermeture est connu sous le nom de cohérence de cache « close−to−open » (close−to−open cache consistency).

Faible cohérence de cache
Il y a toujours des cas dans lesquels le cache de données du client contient des données incohérentes. Dans la version 3 du protocole NFS est apparue la « faible cohérence de cache » (appelée aussi WCC), offrant une méthode efficace de vérification des attributs d’un fichier avant et après une requête unique. Cela permet à un client une meilleure perception des modifications qui ont pu être réalisées par les autres clients.

Quand un client génère beaucoup d’opérations concomitantes qui modifient le même fichier au même moment (par exemple grâce à des écritures asynchrones en arrière−plan), il est difficile de savoir si le fichier a été modifié par ce client ou par un autre.

Mémorisation (cache) des attributs
L’utilisation de l’option noac de mount permet de réaliser la cohérence de la mémorisation (cache) des attributs pour de multiples clients. Pratiquement toutes les opérations de système de fichiers vérifient les informations d’attributs de fichiers. Le client garde cette information en mémoire (cache) pendant un certain temps afin de réduire la charge du serveur et du réseau. Quand noac est activée, le cache des attributs de fichier est désactivé sur le client et chaque opération qui doit vérifier les attributs des fichiers doit impérativement s’adresser au serveur. Ceci permet au client de voir rapidement les modifications sur un fichier, en contrepartie d’une augmentation importante des opérations réseaux.

Soyez attentif à ne pas confondre l’option noac avec « pas de mémorisation de données (no data caching) ». L’option noac de mount empêche la mise en cache par le client des métadonnées du fichier, mais il existe toujours des cas dans lesquels des incohérences de données cachées peuvent survenir entre le client et le serveur.

Le protocole NFS n’a pas été conçu pour gérer la cohérence absolue des caches pour des grappes (clusters) de systèmes de fichiers sans qu’il soit nécessaire d’utiliser des types particuliers de sérialisation au niveau applicatif. Si la cohérence absolue du cache est nécessaire aux clients, les applications devront utiliser le verrouillage de fichiers (« file locking »). D’autre part, les applications pourront aussi utiliser le drapeau O_DIRECT lors de l’ouverture des fichiers afin de désactiver totalement la mise en cache des données.

Mettre en cache les entrées répertoires
Le client NFS Linux garde en cache les résultats d’une requête NFS LOOKUP. Si la requête pointe sur un répertoire existant sur le serveur, le résultat sera noté positif. Sinon, si le répertoire n’existe pas (c’est−à−dire si le serveur retourne ENOENT), le résultat sera noté négatif.

Afin de détecter l’ajout ou la suppression de répertoires sur le serveur, le client NFS Linux regarde la date de modification (« mtime ») du répertoire. Si le client détecte un changement dans cette date, le client supprime tous les résultats LOOKUP encore en cache concernant ce répertoire. Comme la date de modification est un attribut conservé en cache, il est possible qu’un peu de temps se passe avant que le client remarque le changement. Référez−vous aux descriptions des options de montage acdirmin, acdirmax et noac pour plus d’informations quant à la manière dont le temps de modification est mis en cache.

Mettre en cache les entrées des répertoires améliore les performances des applications qui ne partagent pas de fichiers avec des applications sur un autre client. L’utilisation d’informations en cache sur des répertoires, cependant, peut interférer avec des applications qui tournent simultanément sur de nombreux clients et qui doivent détecter rapidement la création ou la suppression de fichiers. L’option de montage lookupcache permet de personnaliser certains comportements de mise en cache de répertoires.

Avant la version 2.6.28 du noyau, le client NFS Linux cherchait uniquement les résultats de recherches positifs. Cela permettait aux applications de détecter rapidement de nouvelles entrées de répertoires créées par d’autres clients, tout en fournissant une partie des bénéfices dus à la mise en cache. Si une application dépend de cet ancien comportement, vous pouvez utiliser l’option lookupcache=positive.

Si le client ignore son cache et valide toutes les requêtes de recherche avec le serveur, il peut alors détecter immédiatement toute création ou suppression de répertoire par un autre client. Vous pouvez forcer ce comportement avec l’option lookupcache=none. L’absence de mise en cache des répertoires entraîne une augmentation du nombre de requêtes NFS, et donc une perte de performances. Empêcher la recherche sur le cache devrait permettre une moindre perte au niveau des performances que d’utiliser noac, et n’a aucun effet sur la manière dont le client NFS met en cache les attributs d’un fichier.

L’option de montage sync
Le client NFS gère l’option de montage sync différemment que d’autres systèmes de fichiers (consultez mount(8) pour une description générique des options de montage sync et async). Si ni sync ni async ne sont indiquées (ou si l’option async est indiquée), le client NFS retarde l’envoi au serveur des ordres d’écriture des applications jusqu’à ce que l’un de ces événements survienne :

La saturation en mémoire entraîne une demande de ressources mémoire au système.

Une application met à jour (« flush ») les données d’un fichier de manière explicite avec sync(2), msync(2) ou fsync(3).

Une application ferme un fichier avec close(2).

Le fichier est verrouillé/déverrouillé grâce à fcntl(2).

Autrement dit, dans les conditions normales d’utilisation, des données écrites par une application peuvent ne pas apparaître instantanément sur le serveur qui héberge le fichier.

Si l’option sync est précisée pour un point de montage, tout appel système qui écrit des données dans des fichiers de ce point de montage entraîne la purge des données sur le serveur avant de revenir en espace utilisateur (« user space »). Cela offre une meilleure cohérence du cache des données, mais a un impact certain sur les performances.

Les applications peuvent utiliser le drapeau d’ouverture O_SYNC afin que les écritures d’un fichier précis soient immédiatement prises en compte par le serveur, et ce sans l’utilisation de l’option sync de mount.

Utilisation des verrous de fichiers avec NFS
Le Gestionnaire de Verrous Réseaux (NLM, Network Lock Manager) est un protocole auxiliaire séparé servant à gérer les verrous sur les fichiers dans les versions 2 et 3 de NFS. Pour gérer la récupération des verrous après le redémarrage d’un client ou du serveur, un second protocole (connu sous le nom de protocole Network Status Manager) est nécessaire. Dans la version 4 de NFS, le verrouillage des fichiers est directement implanté dans le protocole NFS, et les protocoles NLM et NSM ne sont plus utilisés.

Dans la plupart des cas, les services NLM et NSM sont démarrés automatiquement et aucune configuration additionnelle n’est requise. La configuration en noms de domaine complètement définis (FQDN) de tous les clients NFS est nécessaire pour permettre aux serveurs NFS de retrouver leurs clients, afin de les prévenir en cas de redémarrage.

NLM ne gère que l’annonce de verrouillage de fichiers. Pour verrouiller les fichiers NFS, il faut utiliser fcntl(2) avec les commandes F_GETL et F_SETL. Le client NFS convertit les verrous de fichiers obtenus grâce à flock(2) en annonces de verrouillage.

Lors du montage de serveurs ne gérant pas le protocole NLM ou lorsqu’on monte un serveur NFS à travers un pare−feu qui bloque le port du service NLM, il faut utiliser l’option nolock de mount. Le verrouillage NLM doit être désactivé grâce à l’option nolock lorsqu’on utilise NFS pour monter /var, puisque /var contient les fichiers utilisés par NLM dans son implémentation sous Linux.

L’utilisation de l’option nolock est parfois conseillée pour améliorer les performances d’une application propriétaire qui ne tourne que sur un seul client mais qui utilise intensément les verrous de fichiers.

Les caractéristiques du cache de la version 4 de NFS.
Le comportement du cache des données et des métadonnées des clients NFS version 4 est identique à celui des précédentes versions. Toutefois, la version 4 de NFS offre deux nouveaux dispositifs pour améliorer le comportement du cache : attributs de changement et délégation de fichier.

L’attribut de changement est un nouvel élément des métadonnées de fichiers et de répertoires NFS qui enregistre les modifications des données. Il se substitue à l’utilisation de l’horodatage des modifications et changements du fichier pour offrir aux clients la validation du contenu de leur cache. Cependant, ces attributs de changement ne sont pas liés à la gestion de l’horodatage ni sur le client ni sur le serveur.

La délégation de fichier est un contrat qui lie un client NFS version 4 et le serveur, offrant temporairement au client le traitement d’un fichier comme s’il était le seul à y accéder. Le serveur s’engage à prévenir le client (grâce à une requête de rappel, ou « callback ») si un autre client tente d’accéder à ce même fichier. Une fois qu’un fichier a été délégué à un client, ce client peut mémoriser (mettre en cache) les données et les métadonnées de ce fichier de façon agressive sans avoir à contacter le serveur.

Il y a deux types de délégations : lecture et écriture. Une délégation en lecture indique que le serveur avertira le client si d’autres clients veulent écrire dans ce fichier. Une délégation en écriture indique que le client sera prévenu des tentatives de lecture ou d’écriture.

Les serveurs offrent les délégations de fichier sitôt qu’un fichier est ouvert et peuvent annuler ces délégations n’importe quand dès lors qu’un autre client désire accéder à un fichier d’une manière qui entre en conflit avec les délégations déjà attribuées. Les délégations de répertoires ne sont pas gérées.

Afin de pouvoir gérer les alertes de délégations (« delegation callback »), le serveur vérifie le chemin retour vers le client au moment du contact initial de celui−ci. Si le retour vers le client ne peut pas être établi, le serveur n’attribue purement et simplement aucune délégation à ce client.

CONSIDÉRATIONS DE SÉCURITÉ.

Les serveurs NFS contrôlent l’accès aux données des fichiers, mais leur offre de gestion de l’authentification des requêtes NFS dépend de leur implémentation des RPC. Les contrôles d’accès NFS traditionnels imitent les contrôles d’accès binaires standards offerts par les systèmes de fichiers locaux. L’authentification RPC traditionnelle utilise un nombre pour représenter chaque utilisateur (normalement l’uid propre à cet utilisateur), un nombre pour représenter le groupe de cet utilisateur (le gid de l’utilisateur) et un ensemble d’au maximum 16 nombres de groupes additionnels pour représenter les groupes auxquels cet utilisateur peut appartenir.

Traditionnellement, les données du fichier et l’ID de l’utilisateur ne sont pas chiffrées sur le réseau (en clair). Qui plus est, les versions 2 et 3 de NFS utilisent des protocoles auxiliaires séparés pour le montage, le verrouillage et le déverrouillage des fichiers, et pour renvoyer les valeurs de retour système des clients et serveurs. Ces protocoles auxiliaires n’utilisent pas d’authentification.

En plus d’avoir intégré ces deux protocoles auxiliaires dans le protocole NFS principal, la version 4 de NFS offre des formes plus avancées de contrôle d’accès, d’authentification, et de protection lors du transfert des données. La spécification de la version 4 de NFS requiert une prise en charge de l’authentification renforcée, et les divers types de sécurité permettant le contrôle d’intégrité et le chiffrement à l’aide de RPC. Puisque la version 4 de NFS ajoute les fonctionnalités de ces protocoles au cœur du protocole NFS, les nouvelles caractéristiques de sécurité s’appliquent à toutes les opérations de NFS version 4, incluant donc le montage, le verrouillage des fichiers, et ainsi de suite. L’authentification RPCGSS peut aussi être utilisée avec les versions 2 et 3 de NFS, mais ne protège pas les protocoles associés.

L’option de montage sec indique quel type de sécurité est utilisé sur ce point de montage NFS. L’ajout de sec=krb5 fournit la preuve chiffrée de l’identité de l’utilisateur pour chaque requête RPC. Ce dispositif offre une vérification forte de l’identité des utilisateurs qui accèdent aux données du serveur. Notez que des configurations supplémentaires à cet ajout de l’option de mount sont nécessaires pour activer la sécurité Kerberos. Consultez la page de manuel de rpc.gssd(8) pour plus de détails.

Deux dispositifs additionnels de la sécurité Kerberos sont pris en charge : krb5i et krb5p. Le dispositif de sécurité krb5i offre une garantie de chiffrement fort contre la falsification des données pour chaque requête RPC. Le dispositif de sécurité krb5p chiffre chaque requête RPC afin d’éviter qu’elle soit exposée pendant son transfert sur le réseau. Toutefois, le chiffrement ou la vérification de l’intégrité entraînent des baisses de performance. D’autres formes de sécurité par chiffrement sont aussi prises en charge.

Le protocole de la version 4 de NFS permet à un client de renégocier le type de sécurité lorsqu’un client entre sur un nouveau système de fichiers sur le serveur. Le type nouvellement négocié ne concerne que le nouveau système de fichiers.

Une telle négociation se produit typiquement lorsqu’un client passe d’un pseudo−système de fichiers du serveur à un des systèmes de fichiers physiques exportés par le serveur, qui ont souvent des paramètres de sécurité plus restrictifs que les pseudo−systèmes de fichiers.

Utiliser un port source non privilégié
Le client NFS communique normalement avec le serveur par des tuyaux réseaux (network sockets). À chaque bout du tuyau est associé un port qui est un simple nombre entre 1 et 65535, ce qui permet de distinguer des tuyaux pointant sur la même adresse IP. Un tuyau est identifié de manière unique par un n−uplet comprenant le protocole de passage (TCP ou UDP) et les ports et adresses IP de chaque bout.

Le client NFS peut choisir n’importe quel port d’origine pour ses tuyaux, mais il choisit en général un port privilégié (c’est−à−dire avec une valeur inférieure à 1024). Seul un processus tournant avec des droits du superutilisateur peut créer un tuyau à partir d’un port privilégié.

La fourchette des ports potentiellement choisis est configurée par une paire de sysctls pour éviter l’utilisation de ports bien connus, tel celui de SSH. Cela signifie que le nombre de ports source potentiels pour le client NFS, et donc pour le nombre de connexions par tuyau disponible à un moment donné est en pratique de l’ordre d’une centaine.

Comme décrit plus haut, le schéma d’authentification NFS traditionnel (connu sous le nom d’AUTH_SYS) compte sur l’envoi d’UID et de GID locaux pour identifier les utilisateurs à l’origine de requêtes. Un serveur NFS suppose que si une connexion provient d’un port non privilégié, les numéros UID et GID de la requête NFS ont déjà été vérifiés par le noyau du client ou tout autre programme système local. Ce système est facile à contourner, mais sur un réseau sécurisé d’ordinateurs de confiance, c’est parfaitement adapté.

En gros, un tuyau est utilisé pour chaque point de montage NFS. Si un client peut aussi utiliser un port source non privilégié, le nombre de tuyaux autorisés (et donc le nombre maximal de points de montage en parallèles) sera beaucoup plus important.

Utiliser un port source non privilégié peut quelque peu compromettre la sécurité du serveur, car n’importe quel utilisateur d’un point de montage sur AUTH_SYS peut maintenant se faire passer pour un autre comme source de la requête. C’est pourquoi les serveurs NFS ne le prennent pas en charge par défaut. En règle générale, ils l’autorisent explicitement à l’aide d’une option de partage.

Pour garder un bon niveau de sécurité tout en ouvrant un maximum de points de montage, il est préférable d’autoriser les connexions clients sur un port non privilégié seulement si le serveur et le client utilisent tous deux une authentification forte, comme celle fournie par Kerberos.

Montage à travers un pare−feu
Un pare−feu peut se trouver entre un client NFS et le serveur, ou alors le client ou le serveur peuvent bloquer certains de leurs propres ports grâce à des règles de filtrage IP. Il est toujours possible de monter un serveur NFS à travers un pare−feu, bien que les mécanismes de découverte automatique des terminaisons d’accès (« endpoints ») de la commande mount(8) peuvent ne pas fonctionner. Il vous faudra alors fournir des détails spécifiques à ces terminaisons d’accès (« endpoints ») grâce aux options de mount.

Les serveurs NFS lancent habituellement un service (daemon) portmapper ou rpcbind pour annoncer aux clients les terminaisons (endpoints) des services. Les clients se servent du démon rpcbind pour déterminer :

Le port réseau utilisé par chaque service basé sur les RPC

Le protocole de transport utilisé par chaque service basé sur les RPC

Le démon rpcbind utilise un port bien connu (111) afin d’aider les clients à trouver la terminaison (endpoint) d’un service. Bien que NFS utilise souvent un numéro de port standard (2049), des services auxiliaires tels que NLM peuvent choisir au hasard des numéros de port inutilisés.

Les configurations habituelles des pare−feu bloquent le port bien connu de rpcbind. En l’absence du service rpcbind, l’administrateur du serveur définit un numéro de port pour les services liés à NFS afin que le pare−feu puisse permettre l’accès aux ports des services spécifiques NFS. Les administrateurs des clients pourront alors indiquer le numéro du port du service mountd grâce à l’option mountport de la commande mount(8). Il peut être nécessaire d’imposer l’utilisation de TCP ou d’UDP si le pare−feu bloque l’un de ces transports.

Désactiver le traitement des ACL (Access Control List).
Solaris permet aux clients NFS version 3 l’accès direct aux Access Control Lists (ACL) POSIX stockés dans son système de fichiers local. Ce protocole auxiliaire propriétaire, connu sous le nom de NFSACL, offre un contrôle d’accès plus riche que le mode binaire. Linux implémente ce protocole dans un but de compatibilité avec l’implémentation NFS de Solaris. Cependant, le protocole NFSACL n’est jamais devenu une partie standard de la spécification NFS version 3.

La spécification de NFS version 4 impose une nouvelle version des Access Control Lists qui sont sémantiquement plus riches que les ACL POSIX. Les ACL de NFS version 4 ne sont pas totalement compatibles avec les ACL POSIX. De ce fait, des traductions entre les deux sont obligatoires dans un environnement qui mélange à la fois les ACL POSIX et NFS version 4.

OPTION DE REMONTAGE

Les options de montage générique comme rw et sync peuvent être modifiées par les points de montage utilisant l’option remount. Voir mount(8) pour plus d’informations sur les options génériques de montage.

Sauf quelques exceptions, les options spécifiques à NFS ne peuvent pas être modifiées pendant un remontage. Par exemple, le transport sous−jacent ou la version NFS ne peuvent pas être changés par un remontage.

Effectuer un remontage sur un système de fichiers NFS monté avec l’option noac peut avoir des conséquences inattendues. L’option noac est une combinaison de l’option générique sync et de l’option spécifique NFS actimeo=0.

Démontage après remontage
Pour les points de montage qui utilisent NFS versions 2 ou 3, la sous−commande de démontage NFS dépend de la connaissance de l’ensemble initial des options de montage utilisées pour effectuer l’opération MNT. Ces options sont stockées sur le disque par la sous−commande de montage NFS, et peuvent être effacées par un remontage.

Afin de s’assurer que les options de montage enregistrées ne sont pas effacées lors d’un remontage, il faut spécifier au remontage le répertoire de montage local, ou le serveur hôte et le chemin d’exportation, mais pas les deux. Par exemple,

mount −o remount,ro /mnt

fusionne l’option de montage ro avec les options de montage déjà enregistrées sur le disque pour le serveur NFS monté dans /mnt.

FICHIERS

/etc/fstab

Table des systèmes de fichiers

BOGUES

Le client NFS antérieur à 2.4.7 ne gérait pas NFS sur TCP.

Le client NFS antérieur à 2.4.20 utilisait une heuristique pour savoir si les données mémorisées d’un fichier (en cache) étaient toujours valides plutôt qu’utiliser la méthode standard de cohérence de cache close−to−open décrite ci−dessus.

Depuis la version 2.4.22, le client NFS utilise une estimation RTT de type Van Jacobsen pour définir les délais de dépassement de temps (timeout) lorsqu’il utilise NFS sur UDP.

Le client NFS Linux antérieur à 2.6.0 ne gérait pas NFS version 4.

Le client NFS antérieur à 2.6.8 n’utilisait les lectures et écritures synchrones que lorsque les réglages de rsize et wsize étaient inférieurs à la taille des pages du système.

Le client NFS Linux ne prend toujours pas en charge certaines caractéristiques optionnelles du protocole NFS version 4, telles que la négociation de sécurité, les soumissions de serveurs et les attributs nommés.

VOIR AUSSI

fstab(5), mount(8), umount(8), mount.nfs(5), umount.nfs(5), exports(5), netconfig(5), ipv6(7), nfsd(8), sm−notify(8), rpc.statd(8), rpc.idmapd(8), rpc.gssd(8), rpc.svcgssd(8), kerberos(1)

RFC 768 concernant la spécification UDP.
RFC 793 concernant la spécification TCP.
RFC 1094 concernant la spécification de NFS version 2.
RFC 1813 concernant la spécification de NFS version 3.
RFC 1832 concernant la spécification XDR.
RFC 1833 concernant la spécification RPC bind.
RFC 2203 concernant la spécification du protocole de l’API GSS RPCSEC.
RFC 3530 concernant la spécification de NFS version 4.

TRADUCTION

Cette page de manuel a été traduite et mise à jour par Christophe Blaess entre 1997 et 2003. La version présente dans Debian est maintenue par Sylvain Cherrier <sylvain DOT cherrier AT free DOT fr> et les membres de la liste <debian−l10n−french AT lists DOT debian DOT org>. Veuillez signaler toute erreur de traduction par un rapport de bogue sur le paquet manpages−fr−extra.

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