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NOM

module-assistant − Gérer les paquets de modules pour le noyau

SYNOPSIS

module-assistant [ -fihnqstv ] [ -k répertoire des en-têtes ou des sources ] [ -l liste des versions de noyau ] { update | search | prepare | auto-install | list | list-available | list-installed | auto-unpacked | get | build | install | clean | purge | fakesource } [ pkg ... ]

m-a ...

DESCRIPTION

module-assistant est l’outil en ligne de commande qui permet de gérer les paquets source des modules préparés pour la distribution Debian. Il aide les utilisateurs à construire et à installer facilement un ou plusieurs paquets de modules destinés à un ou plusieurs noyaux.

À moins que l’option -h ou --help ne soit indiquée, une des commandes ci-dessous doit être précisée pour invoquer explicitement une fonction. Si aucune commande n’est précisée ou n’est valide et que l’outil dialog est disponible, une interface graphique simple apparaîtra et vous indiquera les fonctionnalités disponibles.

NOTE : ne pensez même pas à utiliser un paquet kernel-source-x.y.z pris au hasard (ou le tarball linux-x.y.z récupéré sur Internet) pour les faire passer pour les sources du noyau actuellement utilisé. Ne le faites pas ! Ces sources ne sont pas exactement celles utilisées pour construire le noyau actuellement exécuté et leur configuration ne correspond sans doute pas à la vôtre. Vous avez besoin du répertoire contenant les sources du noyau configurées, ou au moins du paquet dérivé linux-headers-... contenant la configuration du noyau pour la version exacte du noyau (l’ensemble de la chaîne de version est pris en compte). Si vous ne comprenez rien au texte ci-dessus, exécutez m-a prepare et/ou regardez la description et le contenu d’un paquet linux-headers-... Veuillez exécuter la commande module-assistant prepare avant toute autre chose.

Pour certains paquets, les en-têtes du noyau (linux-headers ou sources réduites) ne sont pas suffisants. Vous avez le choix entre utiliser un noyau complètement personnalisé et recréer les sources utilisées lors de la construction du noyau actuel. La commande fakesource peut être utile, voir ci-dessous pour les détails.

Afin de configurer correctement les sources d’un noyau, vous devez vous assurer que le fichier version.h est généré. Pour l’obtenir, configurez les options comme d’habitude (make menuconfig etc.) et lancez make dep (pour les noyaux 2.4.x) ou make prepare (pour les plus récents).

COMMANDES

La plupart des commandes nécessitent de préciser le nom des paquets auxquels celles-ci doivent s’appliquer. Le mot-clé pkg peut être un nom simple (un nom de paquet) ou plusieurs noms. Le mot-clé all correspond à la liste de tous les paquets disponibles, le mot-clé alli à la liste de tous les paquets source actuellement installés et le mot-clé allu à la liste des paquets qui semblent installés et décompressés dans le répertoire de base des sources. Si le nom indiqué ne correspond à aucun paquet source, module-assistant (abrégé m-a) essaiera les suffixes habituels comme -kernel, -driver, -module, -source ainsi que les combinaisons de ceux-ci.

Plusieurs commandes peuvent être indiquées en une seule exécution, par ex. « m-a clean,get,build arla cdfs » est le moyen rapide d’écrire « module-assistant clean arla-modules-source ; module-assistant clean cdfs-src ; module-assistant get arla-modules-source cdfs-src ; module-assistant build arla-modules-source cdfs-src ».

Si vous n’aimez pas l’interface dialog/whiptail, utilisez l’option -t pour la désactiver.

update

Resynchroniser les fichiers d’index depuis leurs sources. Cela se produit avec certains scripts de paquets. module-assistant dispose d’une liste de paquets inclue par défaut. D’autres paquets peuvent cependant être enregistrés par module-assistant si le responsable ajoute le script helper adéquat.

prepare

Essaie de déterminer le nom du paquet linux-headers requis (celui correspondant soit au noyau actuel, soit aux versions indiquées avec −l), et si besoin, l’installe et crée le lien symbolique /usr/src/linux. Installe également le paquet build-essential pour s’assurer qu’un environnement de compilation convenable est installé.

fakesource

Fonction expérimentale qui essaie de déterminer le nom du paquet kernel-source requis ou compatible, l’installe, puis modifie le Makefile pour ressembler au source original et lance les routines de configuration si besoin. Attention : NE VOUS FIEZ PAS AU SOURCE RÉSULTANT. Il peut être très différent de la version originale.

list | list-available | la

list-available (abrégé la) présente une liste des détails sur les paquets indiqués, dont la version installée, les versions installables et les paquets binaires récemment construits. Si aucun nom de paquet n’est indiqué, les détails de tous les paquets seront affichés. L’option -v affiche les chemins complets des paquets.

list-installed | li

Analogue à list alli. Agit comme list-available mais limite la liste aux paquets source installés.

search

Analogue à list −s. Cherche d’abord des paquets compilés localement, puis en cas d’échec cherche avec apt-cache des candidats alternatifs pour l’installation.

get

get suivi d’une liste de paquets installe les paquets source et les télécharge si nécessaire.

build

build doit être suivi d’un ou plusieurs paquets source à construire. Les sources du noyau adaptées au noyau exécuté sont choisies, à moins que des répertoires particuliers aient été indiqués. Si la construction échoue, examinez le fichier journal le plus récent dans /var/cache/modass (ou dans le répertoire indiqué par l’utilisateur).

install

install doit être suivi d’un ou plusieurs paquets à installer. Le dernier paquet construit correspondant au noyau exécuté est choisi.

auto-install | a-i

auto-install doit être suivi d’un ou plusieurs paquets à installer. Cette fonction exécutera prepare pour faire en sorte que votre système puisse construire des paquets, téléchargera le paquet source, essaiera de le construire pour le noyau exécuté et l’installera. Vous pouvez utiliser les raccourcis alli pour sélectionner tous les paquets source de modules installés, ou allu pour sélectionner uniquement les paquets déjà décompressés (similaire à ce que fait normalement l’outil make-kpkg, en regardant $MODULE_LOC).

auto-build | a-b

Analogue à auto-install, mais n’installe pas le paquet immédiatement.

clean

clean nettoie les répertoires de construction des paquets.

purge

purge supprime les informations en cache d’un paquet source et supprime tous les paquets binaires qui ont été construits localement à partir de ce paquet source (et dont module-assistant a connaissance). À UTILISER AVEC PRÉCAUTION !

OPTIONS

-t

--text-mode

Afficher les journaux bruts de construction, d’installation et de mise à jour, au lieu d’afficher des barres de progression.

-k

--kernel-dir

Permet d’indiquer les répertoires de sources du noyau à utiliser lors des constructions. Vous pouvez indiquer plusieurs répertoires avec plusieurs options, ou séparés par des virgules ou des séparateurs de ligne (par ex. en utilisant -k "’echo /usr/src/linux-headers-*’"). Les versions des noyaux détectées dans ces répertoires sont automatiquement ajoutées à la liste des versions de noyaux cibles (voir --kvers-list pour plus de détails).

-l

--kvers-list

Permet d’indiquer la liste des noms de version des noyaux (comme dans KVERS) à traiter. Si le paramètre n’est pas précisé, la version du noyau en cours d’utilisation est utilisée. Si d’autres répertoires de sources sont indiqués après l’option --kernel-dir, les versions des noyaux qui y sont présents sont également traitées.

Les emplacements des sources ou des en-têtes de ces versions du noyau sont détectées grâce à une recherche des emplacements habituellement utilisés sur les systèmes Linux, ou doivent être indiquées à l’aide de l’option --kernel-dir.

-v

--verbose

Affiche un peu plus d’informations, par exemple les chemins complets des paquets binaires.

-n

--no-rebuild

Si un paquet à générer existe déjà dans le répertoire cible (peut-être dans une version plus ancienne), l’option -n évite de reconstruire le paquet.

Dans le comportement par défaut, le paquet n’est pas reconstruit si un fichier au nom exactement identique est présent. Le nouveau nom de fichier peut en effet être détecté avant le démarrage du processus de construction, suivant le paquet source concerné.

-f

--force

Ne vérifie jamais le fichier cible (en cas de version différente) et force la reconstruction. Pour la commande get, télécharge une nouvelle version du paquet même si celui-ci est déjà installé.

-u

--userdir

Toutes les variables d’environnement pertinentes contenant des chemins sont redirigées vers de nouveaux répertoires situés en-dessous de celui indiqué par cette option.

-i

--non-inter

En cas d’échec de la construction du paquet, continuer avec d’autres paquets candidats. Par défaut, module-assistant suggérera d’examiner le journal de construction. Cette option peut également modifier le comportement de dpkg et d’apt-get afin de réduire le besoin d’interaction avec l’utilisateur et installer les dépendances de constructions nécessaires.

-o

--unpack-once

Essayer de ne pas décompresser deux fois. Cette option doit être également indiquée lorsque le paquet est décompressé pour la première fois. Cette option est expérimentale, ne vous y fiez pas.

-O

--not-unpack

Ne jamais décompresser l’archive source. Cette option est utile lorsque les sources d’un module ont été modifiées par l’utilisateur.

-q

--quiet

Ne pas afficher certains messages bavards au cours du traitement.

-S

--sudo-cmd

Indique la commande à utiliser en remplacement de sudo pour les commandes en tant que superutilisateur.

-s

--apt-search

Consultez la commande search pour les détails.

-h

--help

Affiche un récapitulatif des possibilités d’utilisation.

VARIABLES D’ENVIRONNEMENT

Vous pouvez exporter les variables d’environnement suivantes pour modifier le comportement des scripts de construction. Certains paquets peuvent les ignorer ou les interpréter diversement.
KPKG_DEST_DIR

KPKG_DEST_DIR indique le répertoire cible où les paquets Debian résultants devraient être installés. Cependant, de nombreux paquets ignorent cette variable et installent le fichier dans le répertoire de niveau supérieur à celui des sources du noyau ou à celui du répertoire actuel.

KERNELDIRS

KERNELDIRS indique ou étend la liste des répertoires de sources ou d’en-têtes de noyau pour lesquels m-a devrait construire les modules. Consultez l’option −k pour les détails.

SIGNCHANGES

Si SIGNCHANGES est positionnée, des fichiers .changes seront générés (en appelant la règle kdist_image à la place de kdist) et debsign (ou gpg ou pgp) sera exécuté pour signer ces fichiers.

KMAINT | DEBFULLNAME | DEBNAME

Indique le nom réel de la personne qui construit le paquet, concerne uniquement le fichier .changes.

KEMAIL | DEBEMAIL

Indique l’adresse de courriel de la personne qui construit le paquet, concerne uniquement le fichier .changes.

MODULE_LOC

Indique un emplacement différent des répertoires des sources des modules. Par défaut /usr/src/modules.

MA_VARDIR

Indique un emplacement différent des données de cache, utilisé par les scripts helper de module-assistant. Par défaut /var/cache/modass.

MOD_SRCDIR

Indique un emplacement différent des archives des sources de modules. Par défaut /usr/src.

ROOT_CMD

Commande d’encapsulation pour exécuter des commandes en tant que superutilisateur. Si vous n’êtes pas superutilisateur, fakeroot est automatiquement choisi. Cette variable est interprétée par les paquets, qui peuvent néanmoins l’ignorer. Cependant, vous pouvez lancer module-assistant à l’intérieur de l’encapsuleur ROOT_CMD.

UTILISATION AVEC DES DROITS RESTREINTS

module-assistant peut fonctionner sans être superutilisateur. Cependant, vous ne pouvez pas utiliser apt-get ou dpkg pour installer les paquets, et ne pouvez pas écrire dans /var/cache/modass sur un système Debian habituel. Ainsi les commandes get, install, auto-install et prepare ne sont pas accessibles aux utilisateurs simples. Toutefois, si le programme sudo est installé, il sera appelé lors des opérations apt-get et dpkg. Toutes les autres commandes exceptée list nécessitent des variables d’environnement supplémentaires pour indiquer des répertoires cibles dans lesquels l’utilisateur peut écrire. Elles peuvent être toutes redirigées vers un répertoire accessible en écriture avec l’option −u.

FICHIERS

/usr/share/modass/packages/*

Liste des scripts helper fournis avec le paquet module-assistant.

/usr/share/modass/overrides/*

Scripts helper installés par d’autres paquets.

VOIR AUSSI

make-kpkg (1) ,
/usr/share/doc/module-assistant/README

BOGUES

Consultez la page des bogues de module-assistant <URL:http://bugs.debian.org/src:module-assistant>. Si vous souhaitez signaler un bogue dans module-assistant, veuillez utiliser la commande reportbug (1).

CODES DE RETOUR

0

Succès

1..249

Erreurs diverses lors du processus de construction

254

Problèmes de permissions

255

erreur corrigible sur intervention de l’utilisateur

À FAIRE

Liste rapide (sortie rapide sans détails)

Intégration à APT et/ou au système init

Debianisation « agressive » en utilisant un jeu de gabarits, afin de générer un paquet depuis n’importe quelle source apparaissant comme compatible avec le système de construction du noyau 2.6.

Transformation automatique des sources du noyau pour générer des paquets .udeb.

AUTEUR

Module-Assistant a été écrit par Eduard Bloch <blade [AT] debian.org> pour la distribution Debian.

TRADUCTION

Cette page de manuel a été traduite par Simon Paillard <simon DOT paillard AT resel DOT enst-bretagne DOT fr> et les membres de la liste <debian-l10n-french AT lists DOT debian DOT org>.

L’équipe de traduction a fait le maximum pour réaliser une adaptation française de qualité.

La version anglaise la plus à jour de ce document est toujours consultable via la commande : man −L C module-assistant

N’hésitez pas à signaler à l’auteur ou au traducteur, selon le cas, toute erreur dans cette page de manuel.

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