Available in

(2) (2)/fr (2)/ja (2)/pl

Contents

NOM

semop, semtimedop − Opérations sur les sémaphores

SYNOPSIS

#include <sys/types.h>
#include <sys/ipc.h>
#include <sys/sem.h>

int semop(int semid, struct sembuf *sops, unsigned nsops);

int semtimedop(int semid, struct sembuf *sops, unsigned nsops,
struct timespec *
timeout);

Exigences de macros de test de fonctionnalités pour la glibc (voir feature_test_macros(7)) :

semtimedop() : _GNU_SOURCE

DESCRIPTION

Chaque sémaphore dans un ensemble de sémaphores se voit associer les valeurs suivantes :

unsigned short semval; /* valeur du sémaphore */
unsigned short semzcnt; /* # Attente pour zéro */
unsigned short semncnt; /* # Attente d’incrément */
pid_t sempid; /* dernier processus agissant */

La fonction semop() effectue des opérations sur les membres de l’ensemble de sémaphores identifié par semid. Chacun des nsops éléments dans le tableau pointé par sops indique une opération à effectuer sur un sémaphore en utilisant une structure struct sembuf contenant les membres suivants :

unsigned short sem_num; /* Numéro du sémaphore */
short sem_op; /* Opération sur le sémaphore */
short sem_flg; /* Options pour l’opération */

Les options possibles pour sem_flg sont IPC_NOWAIT et SEM_UNDO. Si une opération indique l’option SEM_UNDO, elle sera annulée lorsque le processus se terminera.

L’ensemble des opérations contenues dans sops est effectué dans l’ordre et atomiquement. Les opérations sont toutes réalisées en même temps, et seulement si elle peuvent toutes être effectuées. Le comportement de l’appel système si toutes les opérations ne sont pas réalisables dépend de la présence de l’attribut IPC_NOWAIT dans les champs sem_flg décrits plus bas.

Chaque opération est effectuée sur le sem_num−ième sémaphore de l’ensemble. Le premier sémaphore est le numéro 0. Pour chaque sémaphore, l’opération est l’une des trois décrites ci−dessous.

Si l’argument sem_op est un entier positif, la fonction ajoute cette valeur à semval. De plus si SEM_UNDO est demandé, le système met à jour le compteur « undo » du sémaphore (semadj). Cette opération n’est jamais bloquante. Le processus appelant doit avoir l’autorisation de modification sur le jeu de sémaphores.

Si sem_op vaut zéro le processus doit avoir l’autorisation de lecture sur l’ensemble de sémaphores. Le processus attend que semval soit nul : si semval vaut zéro, l’appel système continue immédiatement. Sinon, si l’on a réclamé IPC_NOWAIT dans sem_flg, l’appel système semop() échoue et errno contient le code d’erreur EAGAIN (et aucune des opérations de sops n’est réalisée). Autrement semzcnt est incrémenté de 1 et le processus s’endort jusqu’à ce que l’un des événements suivants se produise:

semval devient égal à 0, alors semzcnt est décrémenté.

Le jeu de sémaphores est supprimé. L’appel système échoue et errno contient le code d’erreur EIDRM.

Le processus reçoit un signal à intercepter, la valeur de semzcnt est décrémentée et l’appel système échoue avec errno contenant le code d’erreur EINTR.

La limite temporelle indiqué par timeout dans un semtimedop() a expiré : l’appel système échoue avec errno contenant EAGAIN.

Si sem_op est inférieur à zéro, le processus appelant doit avoir l’autorisation de modification sur le jeu de sémaphores. Si semval est supérieur ou égal à la valeur absolue de sem_op, la valeur absolue de sem_op est soustraite de semval, et si SEM_UNDO est indiqué, le système met à jour le compteur « undo » du sémaphore (semadj). Puis l’appel système continue. Si la valeur absolue de sem_op est plus grande que semval, et si l’on a réclamé IPC_NOWAIT dans sem_flg, l’appel système échoue et errno contient le code d’erreur EAGAIN (et aucune des opérations de sops n’est réalisée). Sinon semncnt est incrémenté de un et le processus s’endort jusqu’à ce que l’un des événements suivants se produise :

semval devient supérieur ou égal à la valeur absolue de sem_op, alors la valeur semncnt est décrémentée, la valeur absolue de sem_op est soustraite de semval et si SEM_UNDO est demandé le système met à jour le compteur « undo » (semadj) du sémaphore.

Le jeu de sémaphores est supprimé. L’appel système échoue et errno contient le code d’erreur EIDRM.

Le processus reçoit un signal à intercepter, la valeur de semncnt est décrémentée et l’appel système échoue avec errno contenant le code d’erreur EINTR.

La limite temporelle indiqué par timeout dans un semtimedop() a expiré : l’appel système échoue avec errno contenant EAGAIN.

En cas de succès, le membre sempid de chacun des sémaphores indiqués dans le tableau pointé par sops est rempli avec le PID du processus appelant. Enfin sem_otime est fixé à l’heure actuelle.

La fonction semtimedop() se comporte comme semop() sauf que dans le cas où le processus doit dormir, la durée maximale du sommeil est limitée par la valeur spécifiée dans la structure timespec dont l’adresse est transmise dans le paramètre timeout. Si la limite indiquée a été atteinte, l’appel système échoue avec errno contenant EAGAIN (et aucune opération de sops n’est réalisée). Si le paramètre timeout est NULL, alors semtimedop() se comporte exactement comme semop().

VALEUR RENVOYÉE

En cas de réussite, semop() et semtimedop() renvoient 0. Sinon ils renvoient −1 et errno contient le code d’erreur.

ERREURS

En cas d’erreur, errno prend l’une des valeurs suivantes :

E2BIG

l’argument nsops est supérieur à SEMOPM, le nombre maximal d’opérations par appel système.

EACCES

Le processus appelant n’a pas les permissions nécessaires pour effectuer les opérations sur les sémaphores spécifiés et n’a pas la capacité CAP_IPC_OWNER.

EAGAIN

Une opération ne pouvait pas être effectuée immédiatement et IPC_NOWAIT a été indiqué dans l’argument sem_flg, ou la durée limite indiquée dans timeout a expiré.

EFAULT

sops ou timeout pointent en dehors de l’espace d’adressage accessible.

EFBIG

La valeur de sem_num est inférieure à 0 ou supérieure ou égale au nombre de sémaphores dans l’ensemble.

EIDRM

Le jeu de sémaphores a été supprimé.

EINTR

Un signal a été reçu pendant l’attente ; voir signal(7).

EINVAL

L’ensemble de sémaphores n’existe pas ou semid est inférieur à zéro, ou nsops n’est pas strictement positive.

ENOMEM

L’argument sem_flg de certaines opérations demande SEM_UNDO et le système n’a pas assez de mémoire pour allouer les structures nécessaires.

ERANGE

sem_op+semval est supérieur à SEMVMX (la valeur maximale de semval autorisée par l’implémentation) pour l’une des opérations.

VERSIONS

semtimedop() est apparu pour la première fois dans Linux 2.5.52, puis a été rétroporté au noyau 2.4.22. La gestion de semtimedop() dans la glibc date de la version 2.3.3.

CONFORMITÉ

SVr4, POSIX.1−2001.

NOTES

Les structures sem_undo d’un processus ne sont pas héritées par ses enfants lors d’un fork(2), mais elles le sont lors d’un appel système execve(2).

semop() n’est jamais relancé automatiquement après avoir été interrompu par un gestionnaire de signal quelque soit l’attribut SA_RESTART durant l’installation du gestionnaire.

semadj est un entier pour le processus qui représente simplement le compte (négatif) des opérations sur le sémaphore réalisées par l’attribut SEM_UNDO. Quand la valeur d’un sémaphore est fixée directement par une requête SETVAL ou SETALL de semctl(2), la valeur semadj correspondante est effacée dans tous les processus.

Les valeurs semval, sempid, semzcnt, et semnct pour un sémaphore peuvent être retrouvées avec des appels semctl(2) spécifiques.

Les limites système suivantes concernent semop() :

SEMOPM

Nombre maximal d’opérations pour une appel à semop() (32). Sous Linux, cette limite peut être lue et modifiée via le troisième champ du fichier /proc/sys/kernel/sem.

SEMVMX

Valeur maximale pour semval : dépendante de l’implémentation (32767).

L’implémentation n’a pas de limites intrinsèques pour la valeur maximale d’effacement en sortie (SEMAEM), le nombre de structure d’annulation sur le système (SEMMNU), et le nombre maximal de structures d’annulation pour un processus.

BOGUES

Quand un processus se termine, l’ensemble des structures semadj qui lui sont associées servent à annuler les effets de toutes les opérations sur les sémaphores réalisées avec l’attribut SEM_UNDO. Ceci pose un problème : si l’une (ou plusieurs) des modifications sur les sémaphores demande une descente du compteur d’un sémaphore au−dessous de zéro, que doit faire l’implémentation ? Une approche possible consiste à bloquer jusqu’à ce que la modification du sémaphore soit possible. C’est néanmoins peu désirable car la terminaison du processus peut alors bloquer pendant une période arbitrairement longue. Une autre possibilité est d’ignorer la modification du sémaphore (comme un échec lorsque IPC_NOWAIT est spécifié durant une opération). Linux adopte une troisième approche : décroître la valeur du sémaphore autant que possible (jusqu’à zéro) et permettre au processus de se terminer immédiatement.

Dans les noyaux 2.6.x (x <= 10) un bogue peut, dans certaines circonstances, empêcher un processus attendant que la valeur d’un sémaphore s’annule d’être réveillé quand cette valeur atteint 0. Ce bogue est corrigé dans le noyau 2.6.11.

EXEMPLE

Le bout de code suivant utilise semop() pour attendre de façon atomique que la valeur du sémaphore 0 vaille zéro, puis incrémente la valeur du sémaphore de un.

struct sembuf sops[2];
int semid;

/* Le code pour configurer semid est omis */

sops[0].sem_num = 0; /* Agir sur le semaphore 0 */
sops[0].sem_op = 0; /* Attendre que la valeur soit égal à 0 */
sops[0].sem_flg = 0;

sops[1].sem_num = 0; /* Agir sur le semaphore 0 */
sops[1].sem_op = 1; /* Incrémenter la valeur de un */
sops[1].sem_flg = 0;

if (semop(semid, sops, 2) == −1) {
perror("semop");
exit(EXIT_FAILURE);
}

VOIR AUSSI

semctl(2), semget(2), sigaction(2), capabilities(7), sem_overview(7), svipc(7), time(7)

COLOPHON

Cette page fait partie de la publication 3.23 du projet man−pages Linux. Une description du projet et des instructions pour signaler des anomalies peuvent être trouvées à l’adresse http://www.kernel.org/doc/man−pages/.

TRADUCTION

Cette page de manuel a été traduite et mise à jour par Christophe Blaess <http://www.blaess.fr/christophe/>; entre 1996 et 2003, puis par Alain Portal <aportal AT univ−montp2 DOT fr> jusqu’en 2006, et mise à disposition sur http://manpagesfr.free.fr/.

Les mises à jour et corrections de la version présente dans Debian sont directement gérées par Julien Cristau <jcristau [AT] debian.org> et l’équipe francophone de traduction de Debian.

Veuillez signaler toute erreur de traduction en écrivant à <debian−l10n−french [AT] lists.org> ou par un rapport de bogue sur le paquet manpages−fr.

Vous pouvez toujours avoir accès à la version anglaise de ce document en utilisant la commande « man −L C <section> <page_de_man> ».

COMMENTS

blog comments powered by Disqus