Available in

(2) (8) (2)/de (2)/es (2)/fr (2)/ja (2)/ko (2)/pl (2)/ru

Contents

NOM

clone, __clone2 − Créer un processus fils (child)

SYNOPSIS

#define _GNU_SOURCE
#include <sched.h>

int clone(int (*fn)(void *), void *child_stack,
int
flags, void *arg, ...
/* pid_t *
ptid, struct user_desc *tls, pid_t *ctid */ );

DESCRIPTION

clone() crée un nouveau processus, exactement comme le fait fork(2). clone() est en fait une fonction de bibliothèque s’appuyant sur l’appel système clone() sous-jacent, mentionné comme sys_clone ci-dessous. Une description de sys_clone se trouve plus bas sur cette page.

Contrairement à fork(2), cette routine permet le partage d’une partie du contexte d’exécution entre le processus fils et le processus appelant. Le partage peut s’appliquer sur l’espace mémoire, sur la table des descripteurs de fichiers ou la table des gestionnaires de signaux. (Notez que sur cette page de manuel, le « processus appelant » correspond normalement au «processus père », mais voyez quand même la description de CLONE_PARENT plus bas).

L’appel système clone() est principalement utilisé pour permettre l’implémentation des threads : un programme est scindé en plusieurs lignes de contrôle, s’exécutant simultanément dans un espace mémoire partagée.

Quand le processus fils est créé, avec clone(), il exécute la fonction fn(arg) de l’application. Ceci est différent de fork(2) avec lequel l’exécution continue dans le fils au point de l’appel fork(2). L’argument fn est un pointeur sur la fonction appelée par le processus fils lors de son démarrage. L’argument arg est transmis à la fonction fn lors de son invocation.

Quand la fonction fn(arg) revient, le processus fils se termine. La valeur entière renvoyée par fn est utilisée comme code de retour du processus fils. Ce dernier peut également se terminer de manière explicite en invoquant la fonction exit(2) ou après la réception d’un signal fatal.

L’argument child_stack indique l’emplacement de la pile utilisée par le processus fils. Comme les processus fils et appelant peuvent partager de la mémoire, il n’est généralement pas possible pour le fils d’utiliser la même pile que son père. Le processus appelant doit donc préparer un espace mémoire pour stocker la pile de son fils, et transmettre à clone un pointeur sur cet emplacement. Les piles croissent vers le bas sur tous les processeurs implémentant Linux (sauf le HP PA), donc child_stack doit pointer sur la plus haute adresse de l’espace mémoire prévu pour la pile du processus fils.

L’octet de poids faible de flags contient le numéro du signal qui sera envoyé au père lorsque le processus fils se terminera. Si ce signal est différent de SIGCHLD, le processus parent doit également spécifier les options __WALL ou __WCLONE lorsqu’il attend la fin du fils avec wait(2). Si aucun signal n’est indiqué, le processus parent ne sera pas notifié de la terminaison du fils.

flags permet également de préciser ce qui sera partagé entre le père et le fils, en effectuant un OU binaire entre une ou plusieurs des constantes suivantes :
CLONE_CHILD_CLEARTID
(depuis Linux 2.5.49)

Effacer l’ID du thread enfant à ctid dans la mémoire du fils lorsqu’il se termine, et réveiller le futex à cette adresse. L’adresse concernée peut être modifiée par l’appel système set_tid_address(2). Cela est utilisé dans les bibliothèques de gestion de threads.

CLONE_CHILD_SETTID (depuis Linux 2.5.49)

Enregistrer l’ID du thread enfant à ctid dans la mémoire du fils.

CLONE_FILES

Si l’attribut CLONE_FILES est positionné, le processus appelant et le processus fils partagent la même table des descripteurs de fichier. Tout descripteur créé par un processus est également valide pour l’autre processus. De même si un processus ferme un descripteur, ou modifie ses attributs (en utilisant l’opération fcntl(2) F_SETFD), l’autre processus en est aussi affecté.

Si CLONE_FILES n’est pas positionné, le processus fils hérite d’une copie des descripteurs de fichier ouverts par l’appelant au moment de l’appel clone(). (Les copies des descripteurs de fichier dans le fils sont associées aux mêmes descriptions de fichiers ouverts (voir open(2)) que les descripteurs de fichier correspondants dans le processus appelant.) Les opérations effectuées ensuite sur un descripteur par un des processus n’affectent pas l’autre processus.

CLONE_FS

Si l’attribut CLONE_FS est positionné, le processus appelant et le processus fils partagent les mêmes informations concernant le système de fichiers. Ceci inclut la racine du système de fichiers, le répertoire de travail, et l’umask. Tout appel à chroot(2), chdir(2) ou umask(2) effectué par un processus aura également influence sur l’autre processus.

Si CLONE_FS n’est pas choisi, le processus travaille sur une copie des informations de l’appelant concernant le système de fichiers. Cette copie est effectuée lors de l’invocation de clone(). Les appels à chroot(2), chdir(2), umask(2) effectués par un processus n’affectent pas l’autre processus.

CLONE_IO (depuis Linux 2.6.25)

Si CLONE_IO est défini, alors le nouveau processus partage un contexte d’entrées−sorties avec le processus appelant. Si cet attribut n’est pas défini, alors (comme pour fork(2)) le nouveau processus a son propre contexte d’entrées−sorties.

Le contexte d’entrées−sorties correspond à la visibilité que l’ordonnanceur de disques a des entrées−sorties (c’est−à−dire, ce que l’ordonnanceur d’entrée−sorties utilise pour modéliser l’ordonnancement des entrées−sorties d’un processus). Si des processus partagent le même contexte d’entrées−sorties, ils sont traités comme un seul par l’ordonnanceur d’entrées−sorties. Par conséquent, ils partagent le même temps d’accès aux disques. Pour certains ordonnanceurs d’entrées−sorties, si deux processus partagent un contexte d’entrées−sorties, ils seront autorisés à intercaler leurs accès disque. Si plusieurs threads utilisent des entrées−sorties pour le même processus (aio_read(3), par exemple), ils devraient utiliser CLONE_IO pour obtenir de meilleurs performances d’entrées−sorties.

Si le noyau n’a pas été configuré avec l’option CONFIG_BLOCK, cet attribut n’a aucun effet.

CLONE_NEWIPC (depuis Linux 2.6.19)

Si CLONE_NEWIPC est défini, alors créer le processus dans un nouvel espace de noms IPC. Si cet attribut n’est pas défini, alors (comme pour fork(2)) le processus est créé dans le même espace de noms IPC que le processus appelant. Cet attribut est sensé être utilisé pour l’implémentation de conteneurs.

Un espace de noms IPC consiste en un jeu d’identifiants pour des objets IPC System V (ces objets sont créés en utilisant msgctl(2), semctl(2) et shmctl(2)). Les objets créés dans un espace de noms IPC sont visibles de tous les autres membres de cet espace de noms, mais ne sont pas visibles des processus des autres espaces de noms.

Quand un espace de noms est détruit (c’est−à−dire, quand le dernier processus membre de cet espace de noms se termine), tous les objets IPC de cet espace de noms sont automatiquement détruits.

Utiliser cet attribut nécessite : un noyau configuré avec les options CONFIG_SYSVIPC et CONFIG_IPC_NS et que le processus soit privilégié (CAP_SYS_ADMIN). Cet attribut ne peut pas être utilisé en même temps que CLONE_SYSVSEM.

CLONE_NEWNET (depuis Linux 2.6.24)

(L’implémentation de cet attribut n’est toujours pas complète, mais le sera sûrement aux environs de Linux 2.6.28.)

Si CLONE_NEWNET est défini, alors créer le processus dans un nouvel espace de noms réseau. SI cet attribut n’est pas défini, alors (comme pour fork(2)) le processus est créé dans le même espace de noms réseau que le processus appelant. Cet attribut est sensé être utilisé pour l’implémentation de conteneurs.

Un espace de noms réseau fournit une vue isolée de la pile réseau (interfaces des périphériques réseau, piles des protocoles IPv4 et IPv6, tables de routage, règles de pare−feu, les arbres de répertoire /proc/net et /sys/class/net, les sockets, etc.). Un périphérique réseau physique ne peut être que dans un seul espace de noms réseau. Une paire d’interface réseau virtuelle (« veth ») fournit une abstraction similaire à pipe qui peut être utilisé pour créer un pont vers une interface réseau physique d’un autre espace de noms réseau.

Quand un espace de noms réseau est libéré (c’est−à−dire, quand le dernier processus de l’espace de noms se termine), ses périphériques réseau physiques sont remis dans l’espace de noms réseau initial (pas celui du processus père).

Utiliser cet attribut nécessite : un noyau configuré avec l’option CONFIG_NET_NS et que le processus soit privilégié (CAP_SYS_ADMIN).

CLONE_NEWNS (depuis Linux 2.4.19)

Démarrer le processus dans un nouvel espace de noms de montage.

Chaque processus se trouve dans un espace de noms de montage. Cet espace de noms du processus regroupe les données décrivant la hiérarchie des fichiers vus par le processus (l’ensemble des montages). Après un fork(2) ou clone() sans l’attribut CLONE_NEWNS le fils se déroule dans le même espace de noms de montage que son père. Les appels système mount(2) et umount(2) modifient l’espace de noms de montage du processus appelant, et affectent ainsi tous les processus se déroulant dans le même espace de noms, sans affecter les processus se trouvant dans d’autres espaces de noms de montage.

Après un clone() avec l’attribut CLONE_NEWNS le fils cloné démarre dans un nouvel espace de noms de montage, initialisé avec une copie de l’espace de noms du père.

Seul un processus privilégié (un processus ayant la capacité CAP_SYS_ADMIN) peut spécifier l’attribut CLONE_NEWNS. Il n’est pas possible de spécifier à la fois CLONE_NEWNS et CLONE_FS pour le même appel clone().

CLONE_NEWPID (depuis Linux 2.6.24)

Si CLONE_NEWPID est défini, alors créer le processus dans un nouvel espace de noms de PID. Si cet attribut n’est pas défini, alors (comme pour fork(2)) le processus est créé dans le même espace de noms de PID que le processus appelant. Cet attribut est sensé être utilisé pour l’implémentation de conteneurs.

Un espace de noms de PID fournit un environnement isolés pour les PID : les PID d’un nouvel espace de noms de PID commence à 1, comme pour un système seul, et les appels à fork(2), vfork(2) et clone(2) produiront des processus avec des PID uniques dans l’espace de noms.

Le premier processus créé dans un nouvel espace de noms (c’est−à−dire, le processus créé en utilisant l’attribut CLONE_NEWPID) a un PID de 1 et est le processus « init » pour l’espace de noms. Les fils qui deviennent orphelins dans cet espace de noms seront adoptés par ce processus plutôt que par init(8). Contrairement à l’init traditionnel, le processus « init » d’un espace de noms de PID peut se terminer et, s’il le fait, tous les processus dans l’espace de noms sont alors terminés.

Les espaces de noms de PID forment une hiérarchie. Quand un espace de noms de PID est créé, les processus de cet espace de noms sont visibles depuis l’espace de noms de PID du processus qui a créé le nouvel espace de noms ; de la même façon, si l’espace de noms parent est lui−même le fils d’un autre espace de noms de PID, alors les processus du fils et du père seront tous visibles de l’espace de noms grand−père. À l’inverse, les processus de l’espace de noms de PID fils ne voient pas les processus de l’espace de noms parent. L’existence d’une hiérarchie d’espaces de noms signifie que chaque processus peut désormais avoir plusieurs PID : un par espace de noms dans lequel il est visible ; chacun de ces PID est unique dans les espaces de noms correspondants. (Un appel à getpid(2) renvoie toujours le PID associé à l’espace de noms dans lequel le processus se trouve.)

Après avoir créé un nouvel espace de noms, il est utile pour le fils de changer son répertoire racine et monter une nouvelle instance de procfs dans /proc de telle sorte que des outils comme ps(1) fonctionnent correctement. (Si CLONE_NEWNS est également présent dans flags, alors il n’est pas nécessaire de changer de répertorie racine : une nouvelle instance de procfs peut être monté directement dans /proc.)

L’utilisation de cet attribut nécessite : un noyau configuré avec l’option CONFIG_PID_NS et que le processus soit privilégié (CAP_SYS_ADMIN). Cet attribut ne peut pas être utilisé en même temps que CLONE_THREAD.

CLONE_NEWUTS (depuis Linux 2.6.19)

Si CLONE_NEWUTS est défini, alors créer le processus dans un nouvel espace de noms de UTS, dont les identifiants sont initialisé en duplicant les identifiants de l’espace de noms UTS du processus appelant. Si cet attribut n’est pas défini, alors (comme pour fork(2)) le processus est créé dans le même espace de noms UTS que le processus appelant. Cet attribut est sensé être utilisé pour l’implémentation de conteneurs.

Un espace de noms UTS est l’ensemble des identifiants renvoyés par uname(2) ; parmi lesquels le nom de domaine et le nom d’hôte peuvent être modifiés respectivement à l’aide de setdomainname(2) et sethostname(2). Les modifications apportés à ces identifiants dans un espace de noms UTS sont visibles par tous les processus du même espace de noms, mais ne sont pas visibles des processus des autres espaces de noms UTS.

L’utilisation de cet attribut nécessite : un noyau configuré avec l’option CONFIG_UTS_NS et que le processus soit privilégié (CAP_SYS_ADMIN).

CLONE_PARENT (depuis Linux 2.3.12)

Si CLONE_PARENT est présent, le père du nouveau fils (comme il est indiqué par getppid(2)) sera le même que celui du processus appelant.

Si CLONE_PARENT n’est pas fourni, alors (comme pour fork(2)) le père du processus fils sera le processus appelant.

Remarquez que c’est le processus père, tel qu’indiqué par getppid(2), qui est notifié lors de la fin du fils. Ainsi, si CLONE_PARENT est présent, alors c’est le père du processus appelant, et non ce dernier, qui sera notifié.

CLONE_PARENT_SETTID (depuis Linux 2.5.49)

Enregistrer l’ID du thread enfant à ptid dans la mémoire du père et du fils. (Dans Linux 2.5.32−2.5.48 il y a un attribut CLONE_SETTID qui fait cela.)

CLONE_PID (obsolète)

Si l’attribut CLONE_PID est positionné, les processus appelant et fils ont le même numéro de processus. C’est bien pour hacker le système, mais autrement il n’est plus utilisé. Depuis 2.3.21, cet attribut ne peut être utilisé que par le processus de démarrage du système (PID 0). Il a disparu dans Linux 2.5.16.

CLONE_PTRACE

Si l’attribut CLONE_PTRACE est positionné et si l’appelant est suivi par un débogueur, alors le fils sera également suivi (voir ptrace(2)).

CLONE_SETTLS (depuis Linux 2.5.32)

Le paramètre newtls est le nouveau descripteur TLS (Thread Local Storage). (Voir set_thread_area(2).)

CLONE_SIGHAND

Si l’attribut CLONE_SIGHAND est positionné, le processus appelant et le processus fils partagent la même table des gestionnaires de signaux. Si l’appelant, ou le fils, appelle sigaction(2) pour modifier le comportement associé à un signal, ce comportement est également changé pour l’autre processus. Néanmoins, l’appelant et le fils ont toujours des masques de signaux distincts, et leurs ensembles de signaux bloqués sont indépendants. L’un des processus peut donc bloquer un signal en utilisant sigprocmask(2) sans affecter l’autre processus.

Si CLONE_SIGHAND n’est pas utilisé, le processus fils hérite d’une copie des gestionnaires de signaux de l’appelant lors de l’invocation de clone(). Les appels à sigaction(2) effectués ensuite depuis un processus n’ont pas d’effets sur l’autre processus.

Depuis Linux 2.6.0−test6, l’attribut CLONE_VM doit également être spécifié dans flags si CLONE_SIGHAND l’est.

CLONE_STOPPED (depuis Linux 2.6.0−test2)

Si l’attribut CLONE_STOPPED est positionné, le fils est initialement stoppé (comme s’il avait reçu le signal SIGSTOP), et doit être relancé en lui envoyant le signal SIGCONT.

Depuis Linux 2.6.25 cet attribut est déconseillé. Vous n’avez probablement jamais voulu l’utiliser ; vous ne devriez certainement pas l’utiliser ; et il sera bientôt supprimé.

CLONE_SYSVSEM (depuis Linux 2.5.10)

Si CLONE_SYSVSEM est positionné, le fils et le processus appelant partagent la même liste de compteurs « undo » pour les sémaphores SystemV (voir semop(2)). Si cet attribut n’est pas utilisé, le fils a une liste « undo » séparée, initialement vide.

CLONE_THREAD (depuis Linux 2.4.0−test8)

Si CLONE_THREAD est présent, le fils est placé dans le même groupe de threads que le processus appelant. Afin de rendre l’explication de CLONE_THREAD plus lisible, le terme « thread » est utilisé pour parler des processus dans un même groupe de threads.

Les groupes de threads sont une fonctionnalité ajoutées dans Linux 2.4 pour supporter la notion POSIX d’ensemble de threads partageant un même PID. En interne, ce PID partagé est appelé identifiant de groupe de threads (TGID).Depuis Linux 2.4, l’appel getpid(2) renvoie l’identifiant du groupe de thread de l’appelant.

Les threads dans un groupe peuvent être distingués par leur identifiant de thread (TID, unique sur le système). Le TID d’un nouveau thread est renvoyé par clone() au processus appelant, et un thread peut obtenir son propre TID en utilisant gettid(2).

Quand clone() est appelé sans positionner CLONE_THREAD, le nouveau thread est placé dans un nouveau groupe de thread dont le TGID est identique au TID du nouveau thread. Ce thread est le leader du nouveau groupe.

Un nouveau thread créé en utilisant CLONE_THREAD a le même processus père que l’appelant de clone() (de même qu’avec CLONE_PARENT), ainsi les appels à getppid(2) renvoient la même valeur à tous les threads dans un même groupe. Lorsqu’un thread créé avec CLONE_THREAD termine, le thread qui a appelé clone() pour le créer ne reçoit pas le signal SIGCHLD (ou autre notification de terminaison) ; de même, l’état d’un tel thread ne peut être obtenu par wait(2). Le thread est dit détaché.

Lorsque tous les threads d’un groupe de threads terminent, le processus parent du groupe reçoit un signal SIGCHLD (ou autre indicateur de terminaison).

Si l’un des threads dans un groupe de threads appelle execve(2), tous les threads sauf le leader sont tués, et le nouveau programme est exécuté dans le leader du groupe de threads.

Si l’un des threads dans un groupe crée un fils avec fork(2), n’importe lequel des threads du groupe peut utiliser wait(2) sur ce fils.

Depuis Linux 2.5.35, l’attribut CLONE_SIGHAND de flags doit être positionné si CLONE_THREAD l’est.

Un signal peut être envoyé à un groupe de threads dans son ensemble (c’est-à-dire à un TGID) avec kill(2), ou bien à un thread en particulier (à un TID) avec tgkill(2).

Les gestions de signaux sont définies au niveau des processus : si un signal sans gestionnaire est reçu par un thread, il affectera (tuera, stoppera, relancera, ou sera ignoré par) tous les membres du groupe de threads.

Chaque thread a son propre masque de signaux, défini par sigprocmask(2), mais les signaux peuvent être en attente soit pour le processus dans son ensemble (donc peut être reçu par n’importe lequel des threads du groupe), quand ils sont envoyés avec kill(2), soit pour un thread particulier, lorsqu’ils sont envoyés par tgkill(2). Un appel à sigpending(2) renvoie un ensemble de signaux qui est l’union des processus en attente pour le processus et ceux en attente pour le thread appelant.

Si kill(2) est utilisé pour envoyer un signal à un groupe de threads, et si le groupe a installé un gestionnaire pour ce signal, alors le gestionnaire sera exécuté dans exactement un des membres du groupe de threads, choisi de façon arbitraire parmi ceux qui n’ont pas bloqué ce signal. Si plusieurs threads dans un groupe attendent le même signal en utilisant sigwaitinfo(2), le noyau choisira arbitrairement l’un d’entre eux pour délivrer le signal envoyé par kill(2).

CLONE_UNTRACED (depuis Linux 2.5.46)

Si l’attribut CLONE_UNTRACED est positionné, alors un processus traçant le père ne peut pas forcer CLONE_PTRACE pour ce fils.

CLONE_VFORK

Si le bit CLONE_VFORK est actif, l’exécution du processus appelant est suspendue jusqu’à ce que le fils libère ses ressources de mémoire virtuelle par un appel execve(2) ou _exit(2) (comme avec vfork(2)).

Si CLONE_VFORK n’est pas indiqué, alors les deux processus sont ordonnancés à partir de la fin de l’appel, et l’application ne doit pas considérer que l’ordre d’exécution soit déterminé.

CLONE_VM

Si le bit CLONE_VM est actif, le processus appelant et le processus fils s’exécutent dans le même espace mémoire. En particulier, les écritures en mémoire effectuées par l’un des processus sont visibles par l’autre. De même toute projection en mémoire, ou toute suppression de projection, effectuées avec mmap(2) ou munmap(2) par l’un des processus affectera également l’autre processus.

Si CLONE_VM n’est pas actif, le processus fils utilisera une copie distincte de l’espace mémoire de l’appelant. Le cliché est réalisé lors de l’invocation de clone(). Les écritures ou les projections de fichiers en mémoire effectuées par un processus n’affectent pas l’autre processus, comme cela se passe avec fork(2).

sys_clone
L’appel système sys_clone ressemble plus à fork(2), en ceci que l’exécution dans le processus fils continue à partir du point d’appel. Ainsi sys_clone ne nécessite que les arguments flags et child_stack qui ont la même signification que pour clone(). (Notez que l’ordre de ces arguments est différent de celui dans clone().)

Une autre différence : pour sys_clone, l’argument child_stack peut être nul, puisque la sémantique de copie−en−écriture assure que le fils recevra une copie indépendante des pages de la pile dès qu’un des deux processus la modifiera. Pour que cela fonctionne, il faut naturellement que CLONE_VM ne soit pas présent.

Sous Linux 2.4 et plus anciens, clone() ne prend pas les arguments ptid, tls et ctid.

VALEUR RENVOYÉE

En cas de réussite, le TID du processus fils est renvoyé dans le thread d’exécution de l’appelant. En cas d’échec, −1 est renvoyé dans le contexte de l’appelant, aucun fils n’est créé, et errno contiendra le code d’erreur.

ERREURS

EAGAIN

Trop de processus en cours d’exécution.

EINVAL

CLONE_SIGHAND a été spécifié mais pas CLONE_VM (depuis Linux 2.6.0−test6).

EINVAL

CLONE_THREAD a été spécifié mais pas CLONE_SIGHAND (depuis Linux 2.5.35).

EINVAL

Les attributs CLONE_NEWNS et CLONE_FS ont été indiqués simultanément dans flags.

EINVAL

Les attributs CLONE_NEWIPC et CLONE_SYSVSEM ont été indiqués simultanément dans flags.

EINVAL

Les attributs CLONE_NEWPID et CLONE_THREAD ont été indiqués simultanément dans flags.

EINVAL

Renvoyée par clone() quand une valeur nulle a été indiquée pour le paramètre child_stack.

EINVAL

CLONE_NEWIPC a été indiqué dans flags, mais le noyau n’a pas été configuré avec les options CONFIG_SYSVIPC et CONFIG_IPC_NS.

EINVAL

CLONE_NEWNET a été indiqué dans flags, mais le noyau n’a pas été configuré avec l’option CONFIG_NET_NS.

EINVAL

CLONE_NEWPID a été indiqué dans flags, mais le noyau n’a pas été configuré avec l’option CONFIG_PID_NS.

EINVAL

CLONE_NEWUTS a été indiqué dans flags, mais le noyau n’a pas été configuré avec l’option CONFIG_UTS.

ENOMEM

Pas assez de mémoire pour copier les parties du contexte du processus appelant qui doivent être dupliquées, ou pour allouer une structure de tâche pour le processus fils.

EPERM

CLONE_NEWIPC, CLONE_NEWNET, CLONE_NEWNS, CLONE_NEWPID, ou CLONE_NEWUTS a été spécifié par un processus non root (processus sans CAP_SYS_ADMIN).

EPERM

CLONE_PID a été réclamé par un processus autre que le processus 0.

VERSIONS

Il n’y a pas de définition pour clone() dans la libc5. glibc2 fournit une définition de clone() comme décrit ici.

CONFORMITÉ

Les appels système clone() et sys_clone sont spécifiques à Linux et ne doivent pas être employés dans des programmes portables.

NOTES

Dans les noyaux 2.4.x, CLONE_THREAD ne rend pas en général le processus père de l’appelant père du nouveau thread. Cependant, pour les versions 2.4.7 à 2.4.18 du noyau, l’attribut CLONE_THREAD impliquait CLONE_PARENT (de même qu’avec les noyaux 2.6).

CLONE_DETACHED a existé pendant un moment (introduit dans 2.5.32): le père ne veut pas de signal à la mort du fils. Dans 2.6.2, la nécessité d’utiliser ce paramètre avec CLONE_THREAD a été supprimée. Cet attribut est toujours défini, mais n’a plus aucun effet.

Sur i386, clone() ne devrait pas être appelé via vsyscall, mais directement en utilisant int $0x80.

Sur IA−64, un appel système différent est utilisé :

int __clone2(int (*fn)(void *),
void *
child_stack_base, size_t stack_size,
int
flags, void *arg, ...
/* pid_t *
ptid, struct user_desc *tls, pid_t *ctid */ );

L’appel système __clone2() fonctionne comme clone(), sauf que child_stack_base pointe sur la plus petite adresse de la pile du fils, et stack_size indique la taille de la pile sur laquelle pointe child_stack_base.

BOGUES

Les versions de la bibliothèque C GNU qui gèrent la bibliothèque de gestion des threads NPTL contiennent une fonction enveloppe pour getpid(2) qui effectue un cache des PID. Ce cache nécessite une prise en charge par l’enveloppe de clone() de la glibc, mais telle qu’il est actuellement implémenté, le cache peut ne pas être à jour sous certaines circonstances. En particulier, si un signal est distribué à un fils juste après l’appel à clone(), alors un appel à getpid() dans le gestionnaire de signaux du signal peut renvoyer le PID du processus appelant (le père), si l’enveloppe de clone n’a toujours pas eu le temps de mettre le cache de PID à jour pour le fils. (Cette discussion ignore le cas où le fils a été créé en utilisant CLONE_THREAD, quand getpid() doit renvoyer la même valeur pour le fils et pour le processus qui a appelé clone(), puisque l’appelant et le fils se trouvent dans le même groupe de threads. Ce problème de cache n’apparaît pas non plus si le paramètre flags contient CLONE_VM.) Pour obtenir la véritable valeur, il peut être nécessaire d’utiliser quelque chose comme ceci :

#include <syscall.h>

pid_t mypid;

mypid = syscall(SYS_getpid);

VOIR AUSSI

fork(2), futex(2), getpid(2), gettid(2), set_thread_area(2), set_tid_address(2), tkill(2), unshare(2), wait(2), capabilities(7), pthreads(7)

COLOPHON

Cette page fait partie de la publication 3.23 du projet man−pages Linux. Une description du projet et des instructions pour signaler des anomalies peuvent être trouvées à l’adresse http://www.kernel.org/doc/man−pages/.

TRADUCTION

Cette page de manuel a été traduite et mise à jour par Christophe Blaess <http://www.blaess.fr/christophe/>; entre 1996 et 2003, puis par Alain Portal <aportal AT univ−montp2 DOT fr> jusqu’en 2006, et mise à disposition sur http://manpagesfr.free.fr/.

Les mises à jour et corrections de la version présente dans Debian sont directement gérées par Julien Cristau <jcristau [AT] debian.org> et l’équipe francophone de traduction de Debian.

Veuillez signaler toute erreur de traduction en écrivant à <debian−l10n−french [AT] lists.org> ou par un rapport de bogue sur le paquet manpages−fr.

Vous pouvez toujours avoir accès à la version anglaise de ce document en utilisant la commande « man −L C <section> <page_de_man> ».

COMMENTS

blog comments powered by Disqus